« Le plus important ce n’ est pas la chute mais l’atterrissage ! »
L’obésité coûte plus de 210 milliards par an aux USA !
La faim en Afrique s’intensifie gravement !

Il faut ramer pour sortir du cadre étroit de nos conditionnements !
Dans la période étrange que nous traversons, je comprends que certains chercheurs spirituels, en viennent à se poser de sérieuses questions sur la décadence de notre époque. Les religions sont totalement en voie d’extinction et leur sursaut apparent est à mon sens un peu désespéré. Pour n’en citer qu’un exemple l’église est en train de se féliciter du fait qu’il y ait une nette augmentation des baptêmes d’adultes, mais cela est absolument relatif et insignifiant puisqu’ils se gardent bien de mentionner que par ailleurs le nombre des baptêmes d’enfants est en chute libre depuis des années. (Près de 90% des français baptisés en 1950, autour de 30% à l’heure actuelle)
Point n’est besoin d’un énorme discernement pour se rendre compte que les églises se vident depuis longtemps et que la moyenne d’âge de ceux qui consentent encore à y aller est plus proche de 80 ans que de de 25. Même les messes de Noël et de Pâques qui restaient le carré folklorique préservé dans les familles chrétiennes sont délaissées au profit des victuailles et des loisirs divers et variés.
On pourrait donc se réjouir de ce déclin étant donné (là-dessus je rejoins entièrement Bernard !) la somme d’aliénations, de superstitions, de mensonges, de scandales, de violences, que véhiculent les religions de toutes sortes. Ne parlons même pas de tous les scandales sexuels qui viennent d’éclater à notre époque déboulonnant les statues les plus solides.
Cependant il se trouve (et je suis loin d’être le seul à faire cette constatation) qu’elles ont toujours eu un rôle et une fonction importante dans toutes les sociétés.
Freud entre autres, malgré ses excès, sa vision étriquée de la spiritualité, embuée par une théorie sexuelle envahissante, décrit très bien cette problématique dans le livre : « l’avenir d’une illusion » où il présente la religion comme une névrose infantile collective, dans laquelle l’être humain, hanté par la peur de la mort, projette son besoin de protection et d’amour sur des fabrications illusoires mais rassurantes. Le grand Spinoza allait d’ailleurs dans le même sens quelques siècles auparavant et cela lui a valu un rejet massif et violent des communautés religieuses. Il déclarait que : « Rien ne dirige plus efficacement la multitude que la superstition » et décrit des êtres humains « qui flottent misérablement entre l’espoir et la crainte. »
Certains, pour sauver le navire, se raccrochent à Jung qui certes s’est intéressé de près aux symboles religieux mais son approche se distingue totalement d’une pratique religieuse habituelle et institutionnelle. D’ailleurs quand on lui a demandé s’il croyait en Dieu, il a répondu : « je sais, je n’ai pas besoin de croire » établissant ainsi une nette différence entre savoir et croire. Il préconisait donc une expérience intérieure fondamentale qui ne dépende en aucune manière d’un dogme. Sa voie était celle d’un processus d’individuation, une quête personnelle de plénitude et d’unité psychique pour réaliser le Soi.
Bernard de son côté répète en effet souvent et à juste titre, que c’est la peur de la mort qui est à la source de toutes les religions et superstitions et il ajoute, rejoignant Jung sur ce point : « je vous conseille d’abandonner toute croyance. Avez-vous besoin de croire que vous existez pour exister ? Ce sont les religions qui imposent des crédos et qui demandent et même exigent de croire en ce qu’elles proclament. Croire signifie : « tenir pour vrai » donc croire est un « à priori » et représente une simple éventualité. Croire, c’est donc accepter des idées, des principes, des théories que d’autres ont propagées, sans en avoir expérimenté l’authenticité. La religion impose une croyance et celui qui pratique sa religion doit s’y tenir, sinon il est hérétique. En résumé ,la croyance représente une théorie et la pratique c’est ce qui est entrepris pour réaliser, connaître, notre Vraie nature. »
Mais Freud ne s’arrête pas à ce premier constat et nous devons suivre son raisonnement si nous voulons continuer notre exploration dans la recherche de la chute des illusions. Il montre, en effet, que la religion joue un rôle extrêmement important dans l’établissement et le maintien de la civilisation car elle fournit UNE BASE POUR LA MORALE en aidant à réguler les pulsions agressives et asociales des individus. Il dit par ailleurs que sans les principes moraux des religions le monde serait à feu et à sang, plus encore qu’il ne l’est actuellement.
Que faire alors? Comment se situer par rapport à cette nouvelle donnée ? Un vrai chercheur doit se méfier car ces constatations, mal comprises, pourraient lui donner la tentation de régresser en mettant un frein à sa libération véritable des croyances aliénantes.
Certains de nos contemporains ont bien compris ce point mais le problème est que, bien souvent, lorsque l’on tente de supprimer une aliénation, elle revient rapidement sous une autre forme, la nature ayant horreur du vide. Ainsi bon nombre d’êtres humains en déshérence de religion, se sont mis en quête d’aliénations, à mon sens, encore plus délétères. Par exemple cette mode du new age, des chamanes, des druides, des gurus de pacotille et des escrocs en tous genres. Je comprends que l’on puisse se dire parfois, avec peut-être une résignation un peu trop rapide, qu’il est préférable d’être un catholique de base à peu près équilibré qu’un allumé du new age prêt à ruiner son équilibre familial dans des stages multiples dans lesquels l’appât du gain n’a d’égal, bien souvent, que la nullité des contenus, emplis de superstitions multiples.
C’est d’ailleurs en suivant ce raisonnement que d’autres ont également résolu ce dilemme et préfèrent retrouver la sécurité illusoire mais rassurante de leur ancienne religion . Cependant la vérité se trouve toujours au-delà des oppositions simplistes.
Je voudrais enfin élargir le questionnement, eu égard toujours à cette dégénérescence du monde totalement globalisé, dévoré par la modernité. Même l’Inde qui était une source de grands réalisés, devient une terre appauvrie, pleine de superstitions, de violence nationaliste et s’adonne au tourisme spirituel de mauvais aloi pour attirer des occidentaux en mal d’être : les pseudo gurus en robe orange y foisonnent d’ailleurs sans vergogne. Gandhi serait fort déprimé s’il pouvait assister à notre époque au retour de tous ces massacres sanglants de musulmans, au nom de la tradition hindoue.
Constatant tout ce qui précède, un bon nombre de jeunes(et de moins jeunes !) d’Occident aussi bien que d’Orient, angoissés et désabusés par le devenir de ce monde, probablement voué à disparition, si cela continue ainsi, se tournent en masse vers un hédonisme et un consumérisme compensateur.
Beaucoup de ces personnes semblent indifférentes à toute recherche car elles sont marquées par la conviction et la certitude de l’inutilité des préoccupations transcendantes, puisque toutes ces religions et politiques, n’ont mené à rien depuis des siècles.
On peut largement les comprendre, mais il s’installe de ce fait une sorte de nihilisme dont on perçoit les effets dans les violences de tous genres qui s’égrènent journellement, sans compter les angoisses identitaires qui mènent de jeunes déboussolés à vouloir changer de sexe pour faire comme le copain ou à risquer leur vie dans des épisodes répétés de « binge drinking » (consommation excessive d’alcool fort en un court laps de temps pour tomber par terre le premier).
Même les dialogues enrichissants entre les personnes ayant des conceptions différentes sont devenus impossibles et on assiste à la télévision et sur les antennes diverses, à des débats sans profondeur réelle, dans lesquels les invectives et noms d’oiseaux fusent de toutes parts.
Socrate où es-tu ? Où sont les joutes oratoires enrichissantes qui avaient lieu entre bouddhistes zen des siècles passés ? Où sont les critiques acérées mais roboratives de Shankara contre les bouddhistes ? Tout cela « avait de la gueule » car le contenu y était conséquent, émis par de vrais spirituels, qui nourrissaient par la dynamique de leurs échanges la recherche de chacun.
Pour charger encore plus le tableau, déjà passablement alourdi, les avances des recherches scientifiques sur le cerveau, la conscience et toute la neurobiologie, ont largement supplanté la quête de l’essentiel pour les nouvelles générations et cela ne va aller qu’en croissant à la vitesse où va le progrès technique. Je ne m’étendrai pas sur « l’Intelligence artificielle » en plein essor, dont les potentialités explosent de jour en jour, mettant en danger de nombreuses choses si l’on ne s’attèle pas très vite à mettre en place des comités d’éthique à ce sujet. J’entendais hier un chirurgien qui disait qu’il était déjà largement dépassé par la machine , que l’IA résout, toute seule, des diagnostics complexes de chimiothérapie et de traitements divers à 85 % de réussite, mais que si on lui adjoint la réflexion d’ un médecin, ce taux de réussite baisse à 70%. Fort inquiétant, si cela est prouvé et se confirme, pour tous ceux qui, moi le premier, se rassuraient encore en pensant que l’être humain gardait toujours une supériorité sur la machine.
Les constatations faites dans les lignes qui précèdent pourraient logiquement mener à un certain désabusement, n’eût été l’existence et le témoignage ,si précieux de ceux que l’on appelle les êtres réalisés.
Dans mes pires moments de découragement , lorsque j’évoquais avec Bernard ces préoccupations, il a toujours relancé en moi la passion de ma recherche, ne serait-ce qu’en me rappelant ce koan de base si mystérieux et à ne pas rejeter trop vite : « Ce monde dont on parle n’existerait pas sans la conscience que l’on en a » ! Une autre manière de le dire était également émise par le grand Ramana : « Où est-il ce monde dans le sommeil profond ? ».
Ce genre de koan, je l’ai déjà vérifié à maintes reprises, n’est pas pour les ratiocineurs, les contestataires par principe, qui diront d’emblée et avec un dédain fort méprisant, du haut de leur supériorité intellectuelle : « Koan imbécile, puisque de toute évidence ce monde continue à exister pendant que je dors. » Genre de réflexion qui prouve que l’on n’a pas compris l’essence d’un koan, qui doit lentement maturer au sein du chercheur pour diffuser la lumière dont il est chargé.
La décadence actuelle est un fait et comme je le dis souvent, il est vain, voire cruel de bourrer de vitamines une personne à l’agonie. Le plus humain est de lui prendre la main et de l’accompagner au mieux de notre Amour dans le dernier voyage. Il est assez étonnant de constater à quel point les êtres humains sont dans la dénégation de certaines évidences. Chaque chose a un début, une durée de vie plus ou moins longue et une fin. Comme dit souvent Bernard : ce qui apparait, disparait. C’est tellement simple et évident ! En quoi les civilisations échapperaient-elles à cette loi incontournable ?
La fin d’une civilisation modifie certes de nombreuses choses qui font qu’un chercheur de notre siècle n’a probablement pas à se situer de la même manière qu’un chercheur du premier siècle après Jésus Christ ou du Bouddha.
D’où d’ailleurs les erreurs manifestes des nombreux intégristes de tous bords ! Les conditions changent et il me semble primordial de s’y adapter, mais le fond, l’essence de la recherche reste la même.
Quel que soit l’état du monde le véritable chercheur doit continuer avec foi, passion et détermination son cheminement, tout en acceptant la chute de ses illusions qu’il constate au fur et à mesure de son avancement. Il doit continuer à être mû par l’Amour fou et la recherche de la vérité.
Plus il avance, plus sa sensibilité grandit ainsi que la résonance de son cœur avec ses frères humains. Bernard me disait encore récemment à quel point le fait frémir le simple fait que 20000 enfants meurent de faim par jour dans le monde alors qu’il y a 90 millions d’obèses en Amérique,( dont 14 millions d’adolescents selon des données scientifiques récentes) et les exemples seraient sans fin.
Le fait du développement de la sensibilité du chercheur prouve que contrairement à tous ceux qui l’accusent d’égoïsme, sa recherche n’obère en rien sa perception juste du monde et sa relation avec lui.
De la même manière sa lucidité grandissante et sa mise en question des illusions spirituelles, ne l’empêche en rien d’avoir des valeurs morales, c’est d’ailleurs tout le sens d’une laïcité véritable, c’est-à-dire d’un sens profond de l’humain, indépendant des croyances en tous genres. Faut-il absolument croire en Dieu ou en Bouddha pour sentir que l’on n’a pas à tuer son voisin et lui faire du mal ? Et la principale œuvre de Spinoza dont on a tant dénoncé l’athéisme ne se nomme-t-elle pas l’ETHIQUE ?
De grâce sortons du dilemme réducteur : matérialisme ou religiosité, science ou religion, Pepone ou Don Camillo, sabre ou goupillon. Tout cela devrait avoir fait son temps et en tout cas un vrai chercheur n’a plus à se plier à ce genre d’aberration. Allant au centre de lui-même il saura toujours , comme l’a si bien enseigné le Bouddha, avoir l’action juste, la pensée juste, les moyens d’existence justes.
C’est du sein de sa liberté totale que naîtra tout cela et non d’un ramassis de superstitions ou d’une laïcité revancharde.
Oui cette voie en un seul mot est la voie de l’AMOUR, pour rien, sans aucune attente et je suis si reconnaissant à Bernard d’en être pour mon cœur le modèle évident depuis tant d’années et après ses 17 ans de chimiothérapie.
L’Amour il ne faut pas y « croire » seulement, mais l’ « Être »
Mais soyons lucides, le nombre des vrais chercheurs sera toujours limité et IL N’Y A AUCUNE JUSTICE, comme le répète souvent avec force Bernard, quels que soient les concepts et les théories mis en place par l’être humain pour s’assurer de l’existence de celle-ci et se rassurer.
Je me dois d’aborder un dernier point qui, au risque d’allonger cet article, n’en est pas moins essentiel. Devant ma position très critique par rapport aux religions on pourrait me demander à juste titre ce que je fais des multiples œuvres artistiques de qualité produites exclusivement à partir de la foi religieuse. Peut-on dénigrer la merveille des cathédrales, la production de grands musiciens croyants, et la vie merveilleuse de tant de grands saints ? Je me sens d’autant plus à l’aise pour répondre à ce genre d’objection qu’il ne se passe guère de jour sans que je me nourrisse de l’écoute d’une cantate de Bach, dans toutes les diverses interprétations possibles. Bach était certes un musicien dont la foi inspirait toutes ses œuvres : « soli Deo gloria » écrivait-il sur ses partitions, c’est-à-dire , « A Dieu seul soit la gloire ».Mais Bach comme tant d’artistes des vingt siècles passés, s’inscrivait totalement dans une culture religieuse et la plupart des artistes, croyants ou incroyants d’ailleurs, n’avaient que le support religieux pour se faire entendre. Les peintures, les édifices, étaient remplies de sujets religieux, qui n’étaient que les modalités de l’inspiration de base de l’artiste.
Bach eût été dans une culture japonaise, il aurait probablement fait des œuvres avec une tonalité différente, mais son génie n’en aurait pas été moins grand. Je pense à un autre de mes musiciens favoris qui est à mon sens un des plus grands de l’époque contemporaine : il s’agit de Morton Feldman, proche de John Cage. Il n’a absolument rien de religieux et est qualifié parfois de mystique agnostique du son, plus proche de la radicalité zen que des productions sulpiciennes.
En fait la créativité d’un être humain est spécifique, c’est une énergie pure qui passe à travers le filtre des conventions d’une époque . Je ne crois absolument pas à la résurrection de Jésus et aucune expérience personnelle ne me l’a confirmée mais cela n’empêche pas que les cantates de Bach résonnent en moi, probablement aussi fortement que chez un croyant. De la même manière je suis transporté par certains chefs d’œuvres de l’art roman.
Elisabeth de la trinité serait née en milieu asiatique elle serait peut être devenue une grande éveillée bouddhiste des nonnes de la forêt.
C’EST LA BASE d’où tout sort qui est importante et la manière dont on y est relié. Se libérer des croyances inutiles ou qui ne nous correspondent pas, ne fait pas de nous des orphelins frustrés, car si nous sommes reliés à cette BASE, à notre Vraie Nature, notre sensibilité n’en sera que plus grande et nous saurons apprécier chaque création merveilleuse au-delà des conventions à travers lesquelles elle s’exprime, que ce soit le chant d’un oiseau, la splendeur d’un coucher de soleil sur la mer , l’imposante majesté des plus belles cathédrales, le regard foudroyant d’un Ramana ou celui éthéré d’Elisabeth de la trinité.
Non seulement, nous saurons apprécier ce que nous recevons de l’extérieur , mais en plus nous saurons exprimer avec plus de justesse nos potentialités, moins empêtrés que nous serons dans les concepts et les dogmes réducteurs. La véritable liberté prendra place alors et ne sera plus le rêve illusoire d’un laxisme complaisant et adolescent mais elle donnera enfin toute sa place au véritable AMOUR.
Erratum : Lors de la parution de cet article j’avais mis un entretien envoyé par Bernard entre Jung et Ramana, il s’est avéré ensuite que JUNG N’A JAMAIS RENCONTRE RAMANA et que ceci n’était en fait qu’une construction totale de L’intelligence artificielle. Cela vient illustrer fort à propos mes craintes à son encontre ! Je rectifie donc de suite et prie de m’excuser de cette erreur.
PS : En complément de cet article je mets le lien d’un article plus ancien , concernant les textes religieux du site et ma position par rapport à cela.
Mise au point sur les textes « religieux » du site. – Blog Tout par amour
Voir aussi l’article dans la section Bernard Harmand :
Ni Dieu,ni Maîtres, ni religions, que de l’Amour ! – Blog Tout par amour
Parmi les réactions à cet article il me semble utile d’insérer celle de Jean marc Vivenza philosophe et métaphysicien, dont je connais le sérieux de la recherche.
Cher Alain,
Merci pour l’envoi de l’article « rester serein au cœur de la déca-danse », que tu viens de rédiger.
C’est un excellent texte, résumant parfaitement les quelques propositions rapides que j’avais esquissées dans l’éventualité d’autres questions à Bernard, après les 101 déjà fort denses et riches.
Il m’est en effet apparu que face à la situation préoccupante, et devant l’accélération incontrôlable des puissances de dissolution au niveau mondial, (puisque toutes les cultures et civilisations sont à présent touchées), la quête entreprise par les chercheurs ne pouvait rester aveugle devant le cataclysme qui s’annonce inévitablement, et se prépare sous nos yeux par l’effet d’une détermination apparemment irréversible
Le paradoxe, que tu relèves justement, étant que les traditions qui semblaient les plus solides et les mieux ancrées au titre de l’héritage multiséculaire, montrent une propension à la perte des repères spirituels à une vitesse accélérée proprement ahurissante, notamment dans les nouvelles générations .
René Guénon affirmait un peu rapidement que l’Inde ne serait jamais atteinte par le phénomène dans son ouvrage Orient et Occident, certes publié en 1924, mais dont la relecture est instructive à mon avis pour mesurer l’erreur de l’école pérennialiste sur ce point .
Heidegger parlait avec pertinence, à une époque où l’on voyait poindre les signes de la désorientation universelle, du caractère « historial » du nihilisme, comme répondant à cette faculté à « l’oubli de l’être » réduisant la métaphysique à la question de « l’étant » que l’on traduit par le terme « maya » en sanscrit. Le domaine religieux, avec sa vision chosifiée du divin a participé en premier de ce fatal « oubli », d’où le piège de la superstition, que tu évoques, des institutions administrant le « sacré » .
Spinoza, que tu cites plusieurs fois et ce de manière fort à propos, avait quant à lui compris que la « béatitude », qui est une communion de la substance avec elle-même, « n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même » (Ethique IV), ce qui signifie que tout individu, toute société, toute civilisation qui perd sa relation à l’essentiel par un mode d’être au monde devenu inconscient des principes, perd également sa possibilité à parvenir à cet état qui est l’objet même de la voie empruntée par chaque chercheur véritable, que l’on peut désigner comme participant de la « réalisation » ou de « l’Éveil ».
Ton article est donc une contribution particulièrement utile pour chacun à la compréhension des enjeux fondamentaux. Félicitations !
En union de pensée en « Esprit »,
Jean-Marc



