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De la séduction hypnotique à la vraie relation de cœur !

DU PSA (Pouvoir-Sexe-Argent) à l’AMOUR




 

 

PSA

AMOUR

J’ai déjà évoqué dans un de mes articles précédents la différence entre la notion de maître spirituel et celle d’Être Réalisé et je me suis rendu compte depuis cette parution que c’est un des articles qui a été et reste le plus consulté, preuve supplémentaire si besoin en était, que dans notre époque de confusion grandissante dans tous les domaines, mais tout spécialement dans celui du « spirituel », il était vraiment nécessaire pour aider les chercheurs, de leur indiquer certaines clefs qui les poussent au discernement et affinent leur perception.

Cette fois ci je désire mettre le focus sur la différence entre séduction hypnotique et vraie relation de cœur. On me dira à juste titre, que la séduction est quelque chose de très courant qui fonctionne dans toutes les relations et qui semble même indispensable en tant que piment d’une relation saine et agréable, certains prétendent de ce fait qu’une relation véritable passe nécessairement par une séduction réciproque ou unilatérale mais en tout cas qu’elle s’avère incontournable.
J’ai réfléchi sur la question et je n’en suis pas si sûr, ou alors il faut faire un distinguo entre séduction et résonance de l’âme. La racine latine du mot séduction nous donne déjà le ton : séduire c’est conduire hors de, faire sortir l’autre de son chemin, l’attirer à soi. Ceci me fait penser inévitablement au célèbre film de Walt Disney, avec son fameux serpent Kaa qui hypnotise Mowgli en lui chantant ce moment d’anthologie : « Aie confiance, crois en moi » et en roulant des yeux inoubliables. Même si cette image ne fait pas preuve d’une référence culturelle très élevée, elle n’en reste pas moins pour moi très significative et elle m’a beaucoup éclairé au cours de mes expériences diverses. Si certains ne sont pas trop honteux de séjourner à un tel niveau de pauvreté intellectuelle, ils peuvent, retrouvant leur âme d’enfant, s’accorder ces 2 minutes 54 de plaisir que dure cette vidéo avec le passage en question : très édifiant : plus que pas mal de démonstrations subtiles:

Parfois on prend pour relation de cœur ce qui n’est en fait que séduction hypnotique et l’on confond sensiblerie avec Amour et mental avec Intellect supérieur. Il n’est qu’à voir les engouements populaires pour des causes facilement larmoyantes mais ce qui est touché dans ces cas-là, ce n’est pas ce que j’appelle le cœur mais la sensibilité superficielle. Il n’est pas difficile de faire pleurer les chaumières (un rapide regard sur la télévision nous en convainc très vite) mais il est beaucoup plus difficile de s’ouvrir et de partager l’Amour. Il n’est pas difficile non plus d’abreuver les gens de concepts élaborés, voire brillants, qui flattent d’autant plus l’auditeur, que bien qu’ayant du mal à les comprendre, il est néanmoins heureux et fier qu’on l’ait cru capable de les assimiler.

Le monde spirituel n’échappe pas à la règle de la séduction, il n’est qu’à voir le nombre d’enseignants à l’heure actuelle qui utilisent ce médium parfois consciemment et avec malice, parfois innocemment et en toute bonne foi, mais le résultat dans tous les cas est au pire tragique et à minima pathétique.
Les gens sont tellement en manque, tellement à l’affût d’une recherche identitaire, d’une gratification narcissique, qu’ils sont subjugués par ce qui les conforte. Et l’on peut assister ainsi (sur internet ou en « live » comme on dit !) à des « satsangs » interminables où chacun vient minauder auprès du guru avec tous les autres en spectateurs et étaler sans pudeur ses déboires affectifs et mentaux. Ce à quoi on me rétorque souvent, même si on ressent la même chose que moi : « Et si ça leur fait du bien ? » Bien entendu, et je suis sensible à l’argument mais c’est justement cette action bénéfique que je remets en question à long terme, non parce que je le pense, ce qui n’a guère d’intérêt en soi, mais par rapport au témoignage des « éclopés » de ces hypnoses collectives ou individuelles.

Le problème est que certains s’en croient épargnés car ils ont un maître qui est dur avec eux et ils prennent cela pour l’assurance qu’ils sont hors des sentiers de la séduction, alors qu’ils pataugent sans le savoir dans ce que j’appelle la jouissance à l’envers(masochisme). Plus le maître est dur et humiliant, plus on pense s’approcher du but. Funeste erreur. 

En passant sur tous les détails et les formes diverses que peuvent prendre ces sortes de relations addictives, on en arrive aux multiples scandales actuels, qui se résument comme je le dis souvent à seulement trois niveaux : Pouvoir- Sexe-Argent (PSA), qui sont présents au choix selon l’enseignant et parfois qui coexistent tous trois dans le même.

Mais à la lecture de cela certains vont penser une fois de plus que j’exagère et qu’eux-mêmes n’ont jamais été dans ce cas : ils n’ont pas été violés, on ne leur a pas extorqué de l’argent, leur enseignant bien sûr est au-delà de tout cela et comme la plupart des gens ils pensent être dans la voie juste. Agissant ainsi ils passeront trop vite à côté d’une salutaire remise en question car les situations, même si elles sont parfois plus subtiles, n’en reflètent pas moins souvent, une emprise, qui à long terme met à mal la ferveur et la recherche sincère, noble et pure du chercheur.
On pourra certes me reprocher d’être donneur de leçon, moraliste, de projeter mon ombre sur les autres. Comme il vous plaira ! Comme je le dis souvent je n’ai rien à vendre, mais non plus rien à acheter.

Le seul ressort de mon dire c’est ma propre expérience du monde spirituel sur 50 ans et aussi malheureusement les témoignages sidérants de beaucoup de chercheurs qui viennent me voir et qui souvent à un degré ou un autre ont eu maille à partir avec des abus de quelque ordre qu’ils soient et à quelque niveau qu’ils se situent.

Je tiens aussi à préciser que je suis bien conscient que ces critiques ne pourront éclairer que ceux qui ont à l’être et ne convaincront en rien ceux qui ont décidé ou ne peuvent faire autrement que fermer les yeux : chacun selon moi a sa fonction cosmique et la critique constructive que j’essaie de porter fait partie du grand tout.
Au fond tout est bien, l’important étant que chacun soit à sa place et joue le rôle qui lui est assigné sans s’identifier totalement à celui-ci.

Reprenons le cours de notre réflexion : nous avons tous eu l’expérience d’une musique plaisante au premier abord mais qui ne résiste pas à plusieurs écoutes et encore moins à la confrontation avec une musique véritable. De la même manière avec des mets flatteurs du palais au premier niveau mais ne supportant pas la concurrence avec des plats savoureux et cuisinés avec Amour.

En fait celui qui séduit a une intention consciente ou pas, visant à susciter une admiration, une attirance, voire l’amour d’un ou de plusieurs individus. Et même s’il est souvent de bonne foi, n’étant pas allé au bout des jeux identificatoires, il n’a pas le même impact que celui qui n’ayant aucune intention, parce qu’ayant dépassé d’une manière ou d’une autre les gratifications narcissiques, va pouvoir toucher directement le cœur. Voilà pourquoi dans les critères que l’on me demande souvent d’évoquer pour discerner un enseignant véritable je donne souvent celui-ci : a-t-il besoin de vous d’une manière ou d’une autre, votre absence ou votre défection va-t-elle lui peser ? Attention c’est un des critères mais il n’est bien sûr pas suffisant, car certains enseignants ont l’air très détachés et froids (ceux qui rentrent dans la catégorie sadique de tout à l’heure) et peuvent apparemment vous ignorer et vous jeter comme des malfrats mais ils ne sont pas pour autant désintéressés car ils ont besoin de vous dominer Il est toujours nécessaire de garder le discernement subtil.

Quand ce sont des éléments de séduction on se lance dans un « karma » (c’est-à-dire une série d’actions et de réactions) dans laquelle on est prisonnier. Beaucoup de pseudo maîtres nous coincent dans une affectivité qui nous emprisonne ensuite dans un désir de leur plaire et ainsi l’on est heureux de se départir de sa liberté et de s’en remettre à l’autre qui est alors censé mieux savoir que nous et qui est porteur de la vérité.

En revanche celui qui nous touche le cœur, nous plait non pas parce qu’il nous ressemble et flatte notre ego mais parce qu’il brille d’une lumière et d’un Amour que l’on sent confusément sourdre au fond de nous-mêmes. Plutôt que de séduction, on peut parler dans ce cas de résonance avec une partie de nous-même qui ne demande qu’à être révélée.

Le véritable Ami spirituel est une sorte de révélateur, de catalyseur, de ce que nous sommes déjà. Il n’attend absolument rien de nous puisqu’il est déjà par nature immergé dans ce merveilleux Bonheur vers lequel il nous incite à progresser, non en nous faisant croire qu’il le possède et qu’il nous le délivrera moyennant tel ou tel don de nous-même, mais simplement en nous exhortant à  faire grandir au fond de nous, cette flamme qu’il a réactivée mais qui n’appartient à personne et qui nous traverse comme le vent traverse le vide de la flûte de bambou pour créer les sublimes mélodies.

Et alors que la séduction est finalement assez superficielle et laisse au fond peu de traces, si ce n’est souvent les traces amères de la désillusion, le toucher de cœur lui, qui nous rapproche de notre Vraie Nature (alors que la séduction nous en éloigne) laisse des traces éternelles qui nous accompagnent dans notre cheminement. Il nous rend profondément libre de toute emprise quelle qu’elle soit. Car ce qui est touché ce n’est pas bien sûr l’organe cœur en lui-même, ce ne sont même pas les sentiments, encore moins la sensiblerie, c’est quelque chose de beaucoup plus profond en soi que nous appelons cœur par commodité mais qui finalement est notre puissante aspiration au désir d’unité, de fusion avec la Vie avec un grand V, le Soi, la Nature de Bouddha, Dieu, quel que soit le nom qui vous agrée. Et alors cet Ami Spirituel qui a touché notre cœur, non seulement nous libère des chaînes de nos conditionnements mais aussi de lui-même, et nous ramène à cette unité fondamentale. Et l’on se rend compte peu à peu que ce que l’on avait pris pour une rencontre entre deux individus était bien au-delà de tout cela et avait un goût d’éternité qui s’appelle l’AMOUR.

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« Aie confiance, crois en moi, que je puisse veiller sur toi
fais un somme sans méfiance, je suis là, aie confiance
le silence propice te berce
souris et sois complice, laisse tes sens glisser vers ces délices »
Enseignement de Kaa à Mowgli
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« Il faut tout faire par AMOUR
Au seuil de la vie seul l’AMOUR demeure »
Elisabeth de la Trinité


L’auteur tient à préciser que toute ressemblance de Kaa avec des gurus ou maîtres actuels ou anciens, est absolument fortuite,  tout ceci n’étant que pure fiction.