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Pour atteindre à la vie idéale de l’âme, je crois qu’il faut vivre dans le surnaturel, c’est à dire ne jamais agir « naturellement »..

 

elisabeth6

 

 

 

Ces extraits d’une lettre à une amie vont une fois de plus horrifier la plupart de nos contemporains habitués qu’ils sont à encenser le culte du moi, de la bonne santé, du développement personnel. Élisabeth va à l’encontre de tout cela et une fois de plus se met totalement en jeu , plongeant dans l’abîme du non-moi et elle ose dire qu’il ne « faut jamais agir naturellement », c’est certes sidérant !
Qui a des oreilles pour entendre entende !

Je comprends que tu aies besoin d’un idéal, c’est à dire quelque chose qui fait sortir de soi pour emporter au-delà.
Mais vois-tu il n’y en a qu’un : c’est LUI, LE SEUL VRAI !
Ah si tu le connaissais seulement un peu comme ta Sabeth ! (surnom affectif)
Il fascine, il emporte, sous son regard l’horizon devient si beau, si vaste, si lumineux
Veux tu t’orienter avec moi vers ce sublime idéal ?
Ce n’est pas une fiction mais une réalité….

Je veux répondre à tes questions en commençant par l’humilité.
Nul ne peut troubler l’humble car il possède la paix invincible : il s’est précipité dans un tel abîme que nul n’ira le chercher jusque là.
L’humble trouve la plus grande saveur de sa vie dans le sentiment de son impuissance en face de Dieu.
L’orgueil n’est point une chose qui peut se détruire par un beau coup d’épée !
Sans doute certains actes d’humilité héroïques, comme on en voit dans la vie des saints, lui portent un coup sinon mortel ,du moins qui l’affaiblit considérablement ; mais sans cela c’est chaque jour qu’il faut le faire mourir… “Je meurs chaque jour » s’écrie Saint Paul !

Cette doctrine de mourir à soi-même qui paraît si austère, est d’une suavité délicieuse lorsque l’on regarde le terme de cette mort, qui est la vie de Dieu mise à la place de notre vie de péché et de misères. C’est ce que Saint Paul voulait dire quand il écrivait : « dépouillez vous du vieil homme et revêtez vous du nouveau, selon l’image de Celui qui l’a créé »
Cette image c’est Dieu Lui-même ; te souviens tu de cette volonté qu’il exprime si formellement au jour de la création : «  Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance »
Oh ! Vois-tu, si nous pensions davantage aux origines de notre âme, les choses d’en bas nous paraîtraient si puériles que nous n’aurions que du mépris pour elles…..

Il me semble que l’âme la plus libre, c’est la plus oublieuse d’elle-même !
Si l’on me demandait le secret du Bonheur je dirais que c’est de ne plus tenir compte de soi, de se nier tout le temps. Voilà une bonne façon de faire mourir l’orgueil : on le prend par la famine !
Vois-tu l’orgueil c’est l’Amour de nous-mêmes, eh bien il faut que l’Amour de Dieu soit si fort qu’il éteigne tout amour de nous.
Mais chère Françoise tous les mouvements d’orgueil que tu sens en toi ne deviennent des fautes que lorsque la volonté s’en fait complice!Ces fautes qui t’échappent , comme tu me dis, sans même y réfléchir, dénotent sans doute un fond d’amour-propre mais cela ma pauvre chérie fait en quelque sorte partie de nous.

Il ne faut pas te décourager car cela c’est encore l’orgueil qui s’irrite, mais tu dois simplement étaler ta misère aux pieds du Maître et Lui demander qu’il te délivre….

Oh!vois-tu j’ai une compassion profonde pour les âmes qui ne vivent pas plus haut que la terre et ses banalités ; je pense qu’elles sont esclaves et je voudrais leur dire : « secouez ce joug qui pèse sur vous, que faites- vous avec ces liens qui vous enchaînent à vous- même et à des choses moindres que vous- même ?
Il me semble que les heureux de ce monde sont ceux qui ont assez de mépris et d’oubli de soi pour choisir la croix pour leur partage !
Quand on sait mettre sa joie dans la souffrance, quelle paix délicieuse !….
Ce chemin du calvaire que je gravis chaque jour me paraît plutôt la route de la Béatitude !

N’as tu jamais vu ces images représentant la mort avec sa faucille ? Et bien c’est mon état et il me semble que je la sens me détruire ainsi….Pour la nature c’est parfois pénible et je t’assure que si je restais là, je ne sentirais que ma lâcheté dans la souffrance..MAIS CECI C’EST LE REGARD HUMAIN!

Et bien vite j’ouvre l’œil de mon âme sous la lumière de la foi et cette foi me dit que c’est l’Amour qui me détruit, qui me consume lentement, et ma joie est immense et je me livre comme une proie!

Françoise pour atteindre à la vie idéale de l’âme, je crois qu’il faut vivre dans le surnaturel, c’est à dire ne jamais agir « naturellement »..
Il faut prendre conscience que Dieu est au plus intime de nous et aller à tout avec Lui.
Alors on n’est jamais banal, même en faisant les actions les plus ordinaires, car on ne vit pas en ces choses, on les dépasse !

Une âme surnaturelle ne traite jamais avec les causes secondes mais avec Dieu seulement.

Oh ! Comme ma vie est simplifiée, comme elle se rapproche de la vie des esprits bienheureux, comme elle est affranchie d’elle-même et de toutes choses !

TOUT POUR ELLE SE RÉDUIT A L’UNITÉ : CET UNIQUE NÉCESSAIRE
JE ME DEMANDE COMMENT L’ÂME QUI A SONDE L’AMOUR QUI EST AU CŒUR DE DIEU « POUR ELLE » PEUT N’ÊTRE PAS JOYEUSE TOUJOURS DANS TOUTE SOUFFRANCE ET TOUTE DOULEUR