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Transcription du CD : un après midi avec Bernard.

bernard tal

 

Transcription du CD

 

LA RECHERCHE DU BONHEUR:UN APRÈS MIDI AVEC BERNARD.

RÉPONSES A DES CHERCHEURS:ÉDITIONS LES DEUX OCÉANS PARIS.

Il y a deux livres de Bernard à ces mêmes éditions:

ÊTRE SIMPLEMENT : Questions et réponses en quête du Soi

TOUT EST PARCE QUE VOUS ÊTES : Correspondances et témoignages en quête du Soi.

Les pages qui suivent sont la transcription la plus exacte possible de ce cd que Bernard a enregistré avec des chercheurs qui le questionnaient, disponible aux deux océans et qui permet(c’est important) d’entendre la voix et l’énergie de Bernard.

Pour la petite histoire je tiens à dire que c’est l’écoute de ce CD qui pour moi, qui avais pourtant tant écouté et lu de choses, a été un détonateur total et m’a fait quitter le zen alors que j’y étais depuis plus de 20 ans et allais y devenir maître! Certains d’ailleurs ont souri de ma « naïveté »: comment après avoir lu Dogen et Nagarjuna et tous les textes de base du bouddhisme et fait des conférences, pouvais-je être remué à ce point par cet obscur Bernard de Bourgogne, qui n’avait aucun diplôme universitaire et aucune prétention à être quoi que ce soit? C’est ainsi! Et j’écoutais le CD en boucle pendant des jours en me disant que je devais absolument rencontrer ce fou de Bernard: cette rencontre a bouleversé ma vie et je sais depuis que beaucoup de chercheurs ont également été très touchés par cet enregistrement, c’est donc pour moi une joie que de le mettre à disposition de ceux qui ne s’arrêtent pas aux apparences mais ouvrent leur cœur.

 

1) LE BONHEUR.

 Bernard on se retrouve chez toi cet après midi pour évoquer les questions qu’on peut se poser quand on est engagé dans ce qu’on appelle une recherche spirituelle, et justement pour commencer on se demande d’où vient cet élan si particulier qui anime les chercheurs, et qui suscite toutes les questions qu’on va pouvoir aborder au cours de l’après midi ?
Il y a un monsieur de 80 ans ou plus qui me posait cette question : « mais pourquoi à mon âge après avoir tant lu, tant cherché, j’ai encore des questions ? »
Qu’est ce qui pose question ?….Mais la Vie !
La Vie pose question !
.C’est pour ça que je dis que tout le monde est en recherche.
On la nomme « spirituelle » pour la différencier de quelqu’un qui chercherait des champignons (j’sais pas !)Autrement oui c’est une recherche, c’est une quête, c’est…j’ai besoin de réponse à (au début ça commence comme ça) pourquoi le monde, pourquoi moi ?Il faut que je voie de plus près ce que je suis, pourquoi ?
Enfin toutes les questions qui peuvent nous passer par l’esprit.

Mais finalement qu’est ce qui pousse un chercheur à s’engager dans la recherche ?

 C’est un désir intense d’être heureux avant tout, parce que c’est ce que tout le monde recherche, que ce soit à travers un abus d’alcool, de drogue, de sexe ou tout ce qu’on veut : les gens veulent être heureux !
Mais le paradoxe et la difficulté c’est qu’on le recherche avec les sens.
Le mental et l’individu fonctionnant avec les sens ne donnent que des sensations
On les appelle PLAISIR si elles nous font du bien.
Souffrance si elles nous font du mal.
Ce qui est certain c’est que c’est éphémère ! Je ne peux pas me contenter de l’éphémère, c’est ce que j’ai toujours ressenti en tout cas hein, « comment je pourrais être bien dans l’éphémère ? »
Si ce que je trouve au bout de ma quête ou de ma recherche (de mes questions et tout) ne me rend pas heureux, ne me donne pas ce bonheur que je pressens au fond de moi-même, à quoi ça va me servir ?
Si c’est uniquement pour comprendre le fonctionnement de l’univers, du monde avec éventuellement moi dedans, et alors ?
C’est cette VIE là que je veux moi ! Sans problèmes ! Mais c’est ce qui brûle à l’intérieur, qui nous attire à lui et c’est LA VIE, qu’on appelle LE SOI ou d’autres noms…..

Mais quand tu dis tout ça : ça sous-entend qu’il y a vraiment quelque chose qui dure, qu’on peut trouver et qui soit totalement satisfaisant ?

Ah j’pense bien oui !!!!!!(Rire)

Ce n’est pas évident pour nous autres….

 (Rire) mais si ! Comme on dit souvent on ne sait pas le nommer ou….mais on le pressent au fond de nous.
Souvent les gens disent : « Celui là il vit comme s’il était éternel ! »Parce que c’est vrai
Il y a quelque chose d’éternel en nous, bien que le mot éternel ne veuille rien dire (du point de vue humain l’éternel ça veut rien dire) et pourtant c’est pressenti.

 C’est pressenti et en même temps on se sent impuissant quand on essaie de le vivre…

 Parce que l’on voit l’individu évoluer :
On pense que l’individu doit obtenir quelque chose et accéder à un autre état ou réaliser !
OR CE N’EST PAS L’INDIVIDU QUI RÉALISE
Moi aussi le premier j’ai pensé qu’il fallait devenir meilleur, puisque j’étais pêcheur, responsable de tous les maux de la terre et entre autres de Jésus mort sur la croix
Alors évidemment avec l’exemple comme RAMANA !…..Mais comment ? C’est pas possible : je ne peux pas devenir comme RAMANA ! Et ben bonne nouvelle : y a pas à devenir un sage ou des mots comme ça…
C’EST PAS L’INDIVIDU QUI RÉALISE, C’EST LA CONSCIENCE QUE J’AI DE CET INDIVIDU.
Quoiqu’on fasse, quoiqu’on change à l’individu, il va finir
Il va finir dans sa caisse !
Comme je disais un jour à un moine zen, très cool : « la seule différence qu’il y a entre vous et un chercheur énervé : c’est que vous mourrez cool et que lui il va mourir en gueulant
Ça m’énerve de mourir !c’est la seule différence !

Mais pourquoi on se prend pour cet individu, si on est beaucoup plus que ça ?

 Parce que c’est le mode de fonctionnement de la manifestation.
De cette base qu’on appelle LE SOI qui est notre véritable nature et qui a des tas d’autres noms en fait, surgit tous les matins une vie particulière, ça peut pas marcher autrement..
Donc l’identification que l’on voit souvent comme une erreur n’en est pas une, c’est naturel, ça marche comme ça !
De cette base j’ai pas conscience d’être surgit le matin : la sensation d’exister, tout de suite récupérée par le processus mental qui tout naturellement dit hop c’est là ! C’est là que tu habites !
Donc ça fait : j’existe : JE dans le corps, évidemment dans un endroit : le monde, et au moment du réveil, à un certain moment, ce qui crée l’espace- temps.
Donc ça c’est naturel ! L’identification est naturelle.
Ce qui est important c’est que JE LE SAIS !
La conscience de ça est importante.

 Oui mais le plus souvent, la conscience et le mental sont confondus ! C’est pas évident de faire la différence !

 En général c’est assez  confondu. Moi je fais bien la différence !
Que la sensation d’exister c’est la conscience
L’impression d’être un individu : c’est le processus mental qui l’interprète comme ça
Même la conscience apparaît hein..
Ce qui est important c’est que je le sais.
Mais pour le savoir il faut bien qu’il y ait quelque chose, quelqu’un qui sache.
C’est pour cela que je répète tout le temps :
« Je préexiste à la conscience que j’ai de moi-même. »
Ca c’est essentiel.
Un jour la conscience, à force d’être dans l’attitude témoin va réaliser (ça commencera par la conscience, ça finit autrement) mais ça débute par la conscience, qui faute de contenu devient l’ÊTRETÉ, qu’elle était déjà mais le mental ne le sait pas !

Tu dis : « faute de contenu », mais le paradoxe c’est qu’on continue à alimenter, à remplir plutôt que le contraire….

 Ouais ! C’est naturel ça !
Y pas de mauvais chemin, y a pas de mauvais principe : il y a le fait que la personne passionnée ira jusqu’au bout.
J’ai vu un jour un passionné de Johnny Halliday à la télé, il était garagiste, il écoutait sa musique, il avait des photos de Johnny partout, il lui ressemblait et : il y avait que ça….Et pourtant c’est pour quelque chose de temporaire, un chanteur même si c’est bien, c’est temporaire
Nous qui recherchons quelque chose d’éternel (même si le mot ne veut rien dire pour un individu) si on ne met pas au moins ce que met un passionné d’un chanteur ou d’une vedette quelconque, comment on y arrivera quoi ?
On peut pas faire à moitié là dedans : on reçoit dans la mesure où l’on donne, c’est-à-dire que (alors c’est un peu impropre aussi mais..) si on donne tout on recevra tout !
Le tout c’est LE SOI.

Mais si on n’est plus cet individu, si on n’est plus identifié en fait à cet individu, QUI profite de ce bonheur ?

 Le Bonheur lui-même ! C’est ma nature ! C’est inexplicable avec des mots ça, c’est comme l’Amour : je dis toujours que si on peut l’expliquer, c’est pas de l’Amour.
On est ça par nature, mais sans l’interprétation du mental.
Avec des mots comment dire que la RÉALISATION m’apporte le BONHEUR parce que c’est le BONHEUR ! Voir que la vie, que la vie éternelle, voir que l’individu lui ben oui, il naît, il meurt, ce sont de tous petits événements par rapport à celui qui est LA BASE qui permet que tout cela s’élance
On est cette BASE là, alors sans le « on » et tous les mots qu’on peut dire
La différence entre un être réalisé et puis avant c’est pas dans ce qui est ressenti : c’est dans ce qui n’est pas ressenti.
Les états s’arrêtent….Comment expliquer ça ?
Les trois états s’arrêtent. Quand la vie particulière d’un individu s’éveille le matin, qui donne la conscience d’Être : elle ne sort pas de nulle part, elle sort de cette Base là et c’est notre véritable nature : non manifestée
Alors qu’est ce que ça veut dire : non manifestée ? On a tout entendu aussi là-dessus hein !
Mais le Soi qui est la BASE lui, malgré qu’il y a un réveil pour la conscience : lui il a pas besoin de se réveiller  il est tout le temps là !
C’est ça, c’est ce « tout le temps là » c’est cette existence totale, tout court, c’est notre véritable Nature !
Le savoir (alors là c’est pareil.le savoir dans le SOI ça paraît bizarre mais avec des mots on va dire ça) c’est LE BONHEUR bien sûr oui….

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2) LA FERVEUR.

 Quand tu nous parles de ta recherche, on a l’impression que tu étais un chercheur ultra passionné !
Le seul « IL FAUT » que j’emploie c’est cela : être passionné, aimer sa recherche, Nisargadatta dit à quelqu’un qui se plaignait : «  C’est facile si vous êtes fervent (en parlant de la recherche), mais totalement impossible, si vous ne l’êtes pas ! » totalement impossible : c’est pas : ça va être dur, c’est totalement impossible ! Mon expérience me confirme ça.
Celui qui donne tout dans sa recherche (mais donner quoi ?donner dans le terme aimer sa recherche, pas donner quelque chose, bien entendu) Il y a un Amour extraordinaire là dedans…Alors de quelqu’un que l’on ne connaît pas, que l’on appelle Dieu, Le Soi, notre Nature Véritable, mais c’est quelque chose qui nous fait vibrer que l’on pressent, plus ou moins selon les personnes, c’est vrai et qui nous attire de plus en plus à lui parce que c’est déjà là : Le Soi, qu’on l’appelle Le Soi ou autrement ce n’est pas un état en devenir, on va pas le devenir, c’est simplement la conscience que l’on en a qui va s’apercevoir dans un premier temps que c’est pas ça et l’étape après ce n’est plus comprendre, c’est fusionner. Il y a une fusion qui se produit.

Est-ce que cette fusion peut être partielle ?

 Ce sera pas une fusion, ce sera un avant goût, ce sera une expérience, de …comment on dit ?…de grosses sensations.
C’est pas péjoratif : « sensations », il y a de bonnes sensations et puis il y a des sensations qui nous font du mal et qu’on aime pas mais jusqu’au bout il y aura des sensations : elles participent, tout participe de notre recherche, même le processus mental qui n’y comprend rien, est là et puis il participe.On va faire avec mais il n’y a aucun problème, parce que le passionné, la différence avec un passionné et un qui y serait pas, c’est que le passionné il va y aller plus avec son cœur, avec son Amour et beaucoup moins d’envie de comprendre quelque chose que celui qui est trop intellectuel comme la plupart : la plupart que je rencontre veulent comprendre.
Bien sûr que ça a son sens et que c’est normal de vouloir comprendre, mais la compréhension est intellectuelle, donc mentale et ne nous mènera pas au bout.
Le mental apparaît tous les matins et même la conscience qui est si importante pour l’individu, apparaît aussi, mais moi JE LE SAIS et c’est cela qui est important.
Donc je préexiste à la conscience que j’ai de moi-même : voilà ce qu’il y a à comprendre, le reste c’est une FUSION.

La fusion peut être totale, radicale, et définitive ?

 La fusion ne peut être que totale ; quand l’identification tombe, elle tombe c’est sûr, il n’ y a pas de doute possible quoi !
J’entends de plus en plus qu’il n’y a pas de recherche, pas de chemin, que tout est dans le film, qu’il n’y a pas d’événement, qu’il n’y a même pas d’événement pour LA RÉALISATION, je rappelle que RAMANA disait que « la RÉALISATION c’est un éléphant qui rentre dans une hutte » ça fait des dégâts !
Comme je dis moi j’avais l’impression que c’était tout un troupeau ! (Rires)…C’est la dernière expérience mais il se passe quelque chose.
Quand l’identification tombe, il ne faut pas oublier que le mental ne meurt pas, il est là, donc lui il constate tout cela quand même ! C’est plus le patron mais il est là, l’individu, le corps est là, on sait qu’on n’est pas ça c’est une certitude mais certitude c’est un mot faible.
Donc il n’y a pas d’erreur possible.Le passionné il ne se contentera pas d’expérience ou…la plus belle expérience aussi grande qu’elle soit elle s’arrête ; dans le sommeil profond il ne se passe rien.Voilà l’exemple que prenait souvent RAMANA, qui a un côté négatif de ce qu’on recherche hein parce que c’est une absence de quelque chose et ce qu’on réalise c’est le contraire. Les gens parlent de RIEN, de Néant, ça n’existe pas, ça existe pour le mental.
Souvent on me dit » mais alors on réalise et il y a plus rien ? »-oui il y a plus rien mais pour le mental, et là on sait une fois pour toute définitivement que l’on n’est pas le mental, et ce qui va avec bien sûr…Non il n’y a pas de doute possible de toutes façons.

A ce moment là après cette fusion, il y a une dissolution de l’ego ?

 « Après la fusion ? »Même le terme ça fait drôle, il n’y a pas d’après..

Ou alors est ce que la fusion correspond à une dissolution de cette sensation d’être un individu particulier, donc ce « je »…..?

 Ah ouais ! L’identification tombe, l’ego ou….l’ego ou le mental est là mais il n’a jamais eu d’importance quoi…Il n’en n’a jamais eu.

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3) L’ENSEIGNEMENT.

 Est-ce que tu penses que c’est important qu’il y ait des échanges entre les chercheurs ? Est ce que ça peut se partager en réalité une recherche ?

 Ca peut se partager  uniquement justement dans le vrai sens du partage, s’il n’y a pas cette envie de convaincre innée pour l’individu, hein : « j’ai raison, toi t’as tort ! ». Les gens partagent des tas de passions, pourquoi pas celle là ? C’est quand même ce que l’on aime par-dessus tout.
Moi, ma recherche c’était tout quand même donc c’est très important. Et puis on s’aperçoit…évidemment quand on découvre RAMANA, ELISABETH, tous ces personnages qui nous ont fait vibrer, on a envie d’en parler et puis bien vite on se rend compte que c’est pas possible, parce qu’il y a toujours une…. c’est soupesé ! C’est jugé ! On est souvent seul dans sa recherche quoi, mais c’est une solitude extraordinaire quand même hein au bout (rires)

Pourquoi est ce que tu ne veux pas faire de conférences ?

 Ça n’a pas de sens ! Une conférence alors que tu sais qu’aucune conscience n’est pareille, aucun individu n’a la même conscience et de lui et du monde et du cheminement et de ce qu’il pense faire de bien ou de mal : tous ces conditionnements là ! Les conférenciers ils font..font….C’est pas que ça soit bien ou mal, c’est bien d’ailleurs c’est pas un problème, c’est pas ça.Est ce que celui qui fait sa conférence peut m’emmener au bout ? Est-ce qu’il va toucher mon cœur ?
Si…Il faut parler de ce que l’on expérimente, il faut parler de ce qu’on vit, pas de ce que on a entendu dire.

Oui, donc tu te considères pas comme un, comme ce qu’on appelle un Maître finalement ?

 Il n’y a pas de Maître ! Il y a un Maître : il y a un disciple, c’est-à-dire qu’il y a des autres mais (avec des mots ça ressemble à rien) Il n’y a pas d’autres : c’est ce qu’on a trouvé au bout, comment on pourrait après donner un enseignement ou des choses à faire ou à ne pas faire.
Il n’y a pas de différence entre toi, moi ou RAMANA hein, sinon l’idée qu’on en a, c’est extraordinaire, j’aurais jamais pu dire ça avant hein ? Ben oui ! On a du mal à dire je suis comme RAMANA parce que le « je » n’est pas RAMANA, mais la base oui !
C’est ça la difficulté ! Le mental le dit et il comprend pas, portant LA BASE est la même, il n’y a qu’un océan hein ?
Un Maître c’est un homme qui maîtrise quelque chose.
Un Être réalisé, il a réalisé qu’il était pas l’individu, à partir de là comment il pourrait être dans un rôle, à part témoigner, comme c’est mon cas. Et ce n’est pas un enseignement, c’est un témoignage, c’est complètement différent !

Mais finalement est ce que l’on peut se croire réalisé sans l’être ?

 Certainement, certainement ! La plupart sont honnêtes hein ! C’est vrai que des fois on me cite des exemples : on voit bien qu’ils font semblant.
Mais y a ceux qui pensent, oui y en a qui sont honnêtes et qui pensent avoir fini. C’est pas un problème, ce qui compte c’est le chercheur, le passionné, celui là ira jusqu’au bout parce que il veut réaliser ça, donc peu importe les témoignages. Il n’y a pas de bon ou mauvais témoignage, par contre oui bien sûr ça dépend de la ferveur, de la passion du chercheur. Il peut être trompé le chercheur, mais il se trompera jamais lui, parce qu’il veut aller au bout, c’est ça qui compte.

En fin de compte, il y en a quand même peu qui réalisent leur véritable nature non ?

 On n’en sait rien (rires) La plupart sont pas connus !

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4) LES PRATIQUES.

 Souvent l’évolution spirituelle est associée à une purification du mental :

 Vouloir purifier le mental ça voudrait dire que c’est le mental qui va réaliser quelque chose. Quoi que tu fasses dans le mental  c’est qu’un processus, la conscience que tu en as est importante par contre, mais purifier le mental, maîtriser les sens (ils vont se maîtriser tout seul les sens dans la caisse !)À la mort tout sera maîtrisé hein, ça n’a aucun intérêt quoi ! Mais on le pense parce que oui on habite dans le corps, donc il prend une importance importante pour lui, mais c’est lui qui dit ça !

Pourtant il y a vraiment cette idée que plus on va purifier le mental, plus on a de chance de développer l’état témoin et de réaliser, c’est complètement faux ?

 Non ! Ce n’est pas totalement faux, non ! Ça dépend des personnes ! Personne n’a la même conscience, c’est extraordinaire aussi à constater ça !

Mais à défaut de purification, peut être qu’il est intéressant de s’entraîner au détachement ou…..c’est à dire à prendre du recul par rapport aux événements, aux impressions….

 On n’est ni les impressions, ni les événements, mais CE QUI PERMET QUE TOUT CA SOIT POSSIBLE, ce qui permet que ça arrive le matin, LA CONSCIENCE, DANS LE CORPS, DANS LE MONDE.
Le passionné encore une fois il a son but c’est l’écran à atteindre au bout.C’est pas……Il va se détacher de rien, il va aimer par-dessus tout le but qu’il veut atteindre on va dire hein ?

Mais peut être que certaines pratiques…ben comme la méditation par exemple, peuvent aider…

 Ben là on dit tout là-dessus hein ?
Alors moi qui en ai tant fait évidemment je dis qu’il n’y a pas à faire tout ça, et d’un autre côté il faut tout faire

Elles ont quand même joué un rôle peut être ?

Ouais…ouais ! T’as vu dans  l’état que je suis ! (Rires)
Évidemment mais quand t’as ça et que ça te brûle de partout, ben oui, ben moi c’est… quand t’es dans une religion, ben tu vas prier, tu vas en faire sans arrêt, ça va être les chapelets, ça va être tout quoi, les lectures.
Tant qu’on est identifié à un corps, on prie quelqu’un d’autre.
Petit à petit ça tombera aussi pour celui qui est passionné.
Ca va être des méditations, ça va être tout…Mais tout cela ce sont des moyens…Oui des pratiques comme on appelle ça. Mais la vraie pratique….enfin la vraie ???…c’est pas que les autres soient fausses : la plus importante : c’est la vie de tous les jours de l’individu, vécue dans la conscience que j’en ai et qui change sans arrêt.

Donc c’est à chaque chercheur de chercher les moyens qui vont lui permettre de le vérifier ?

 Tout à fait ! Ce qui est bon pour un va pas être bon pour l’autre.La pratique….tout est pratique : un oiseau qui passe c’est une pratique. Tout participe de notre recherche puisque on est déjà ce qu’on cherche. Il y a que la conscience qu’on en a qui était pas tout à fait ça : ça tient à rien…ça tient à rien, c’est pas la peine d’en faire tout un plat, avec tous ces livres qui se plaisent à compliquer tout, c’est horrible ! Quel dommage on va dire !

D’accord !Mais pourquoi on arrive pas à le voir si c’est si évident, si ça tient qu’à un fil ,si c’est qu’une idée…..

 Parce que t’es con ! (Éclats de rires)

C’est forcément une question que l’on se pose quoi…à force de se cogner la tête…

 Oui,oui,oui, tout le monde…Tu lis sans arrêt qu’on est déjà ce qu’on cherche et tu finis par te dire : si je suis déjà ce que je cherche, je suis con quoi !Tu finis par te dire ça.

Ou alors plus sérieusement à force de lire que l’on est déjà ce qu’on cherche on peut conclure qu’il n’y a rien à faire

Oui on entend souvent cela, c’est un peu la mode aussi.
Ne faîtes rien, pas de recherche, pas de pratique. Si t’écoutes Poonja,ben il dit ,faîtes rien, restez tranquille…Bon c’est vrai dans un sens : y a rien à faire pour être, mais puisque pour le moment je me prends pour cet individu là et que ça ne me satisfera jamais, il faut que je regarde de plus près et à partir de là, selon chaque individu(parce que personne n’a la même conscience ni de lui ni du monde et donc du chemin à faire, de ce qui nous semble bien ou mal ou de ce qui nous semble qu’il faudrait faire, de ce qui semble nous gêner. Tout le monde va avoir un cheminement et va être complètement différent bien sûr ! Et il évoluera en fonction de la conscience qu’on en a.
Tout existe en fonction de la conscience qu’on en a, c’est valable pour tout et évidemment pour les pratiques.
Ce qui fait qu’un jour il y aura cet événement important : c’est la dernière expérience mais c’est la plus importante, ce tomber de scène, ce déclic extraordinaire, ce feu d’artifice,ce volcan, enfin tout ce que l’on veut comme mot, qui à force d’avoir cultivé cette attitude témoin qui consiste en fait (puisqu’il faut parler en pratique)ça fait bizarre …mais disons que la conscience…L’attitude témoin c’est être plus dans la conscience  c’est j’existe, alors que dans le processus mental : je suis un individu.
Je vais observer ça de plus en plus, de plus en plus fort, avec de plus en plus d’intensité et je vais voir, d’abord le comprendre(la part de compréhension est nécessaire, c’est pas mal ! Voir que je ne suis pas que ça.
On le constate tous les jours avec le sommeil profond que l’idée d’être un individu s’arrête et ça repart tous les matins, ça on le constate, c’est important de l’expérimenter ça.
Qu’est ce que je suis entre temps dans le sommeil profond ? Je ne suis pas mort, j’existe, enfin il y a tout cela à comprendre, mais après il y a à vouloir…à fusionner là dedans ! Le comprendre ne me rend pas heureux.
La plupart des chercheurs sérieux on va dire, c’est-à-dire passionnés, qui veulent vraiment ça l’ont constaté, l’ont compris, mais pourtant ne l’ont pas encore réalisé donc ça suffit pas de comprendre, après il faut l’intégrer, il ne faut faire plus qu’un avec ça.
Je veux réaliser ce dont transpire RAMANA , je veux  ce dont vibre Elisabeth à chaque mot qu’elle dit, à aucun moment elle veut comprendre, elle veut fusionner et ça quand je le lis pourquoi ça me plaît ?parce que ça me parle de ce que je recherche le plus au monde quoi ! Ce trésor c’est quelque chose d’extraordinaire, et ça nous fait vibrer, des frissons, des larmes tout ça, c’est pas le mental qui fait ça, c’est la reconnaissance du plus profond de nous-mêmes qui vibre à ce qu’il est en train de lire, parce qu’on parle de lui.
C’est ce qui m’a plu dans NISARGADATTA et un peu choqué, quand il dit ; « dans la Gita c’est de moi dont on parle »
Alors évidemment, il y a très longtemps je me disais mais oh là ça fait bizarre.Mais en fin de compte c’est ça : on parle de nous ! Sans le nous ! De LA BASE. C’est cette BASE qui permet que le reste vive, qui permet tout d’ailleurs, que la vie particulière apparaisse. Donc : retour aux sources en fait hein !
RAMANA le dit si bien à Ganapatimuni quand il lui demande :
« Qu’est ce que tapas ? » « Si on observe d’où surgit la notion de je, le mental est absorbé en cela ».C’est fort, c’est pas des mots hein ça ?
Qui c’est qui observe le mental ? Qui c’est qui observe ? Pas le mental !
Le mental peut pas se voir. C’est la conscience que j’en ai.
Alors le mental voyant qu’on s’occupe de moins en moins de lui (les mots sont impropres mais ça fait rien !) comment il pourrait tenir ?
Mais en faire un problème, vouloir le purifier, vouloir le maîtriser, il se régale, sans le comprendre puisqu’il peut pas le comprendre mais il se régale, il est alimenté, il vit là, tandis que si je suis dans  la conscience et que je l’observe, il tiendra pas ! Voilà comment ça marche.

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5) LE RENONCEMENT.

 Pour certains chercheurs cette quête prend une telle importance qu’ils décident de renoncer pour mener une vie contemplative. Est-ce que ça peut être une aide ? Est-ce qu’ils ont plus de chance de « réaliser » que ceux qui sont dans le monde ?

 Non ! Ils n’ont pas plus de chances, non ! Tout est une aide, en fonction du besoin qu’on en a !
L’idée de renoncer, ça c’est pareil, c’est parce que on l’a entendu dire !
Il y a eu tant de livres là-dessus : renoncer !
Le seul renoncement qu’il faut c’est renoncer à cette idée que l’on a un corps, parce que tout nous prouve avec le sommeil profond que l’on n’est pas que ça !
Sans l’idée du corps : j’existe !
Mais bon….c’est dans les pratiques : renoncer !
«Qui » renonce ? C’est ça qui est important !
C’est qu’un concept.
Par contre tant que l’on est identifié à un corps et bien il va se trouver mieux dans un endroit que dans un autre.
Celui qui aime RAMANA par-dessus tout il va à Tiru évidemment, et affectivement (c’est quand même extraordinaire l’Affectif, en majuscule : cet Amour là) donc tout ce qui est dans son cœur va être magnifié (ou pas d’ailleurs !) mais pourquoi pas de toutes façons ? C’est ni bien, ni mal.
J’en ai besoin sur l’instant : FAIS LE !
Par contre évidemment qu’il y a, si on veut regarder de plus près -et ça viendra encore une fois pour le passionné !-qui au début va avoir besoin d’aller là, va aller dans un monastère, c’est ni bien ni mal, j’en ai besoin : je vais le faire.
Mais celui qui va à Tiru, qui y vit 6 mois de l’année ou plus, n’est pas en dehors du monde, il se recrée un autre monde, un autre univers.
J’existe sans l’univers : l’univers il apparaît parce que JE suis là.
Si je n’ai pas conscience d’être le matin, il n’y a rien qui existe hein ?
C’est parce que j’existe que le reste apparaît.
Donc il n’y a pas un endroit où j’existe plus qu’un autre.
Mais la conscience que j’en ai me dit que pour le moment tiens, je serais bien dans tel endroit.
Donc tout est profitable, il n’y a rien de bon ou de mauvais là dedans.

Est-ce que tu penses que la chasteté peut être importante dans la recherche ?

 Ben non ! La chasteté ! C’est « qui » qui est chaste ? Ce n’est pas naturel ! Après l’avoir longtemps cru bien évidemment ! Je ne donnerai pas l’exemple !
Les rapports sexuels c’est naturel, quand on veut enlever la nature, ça ne fonctionne jamais !
Ceux qui font des vœux de chasteté, qui c’est qui fait le vœu ?
C’est le mental .MAIS………le sexe lui-même fait pas le vœu lui hein ?
Il n’est pas d’accord ! Il fonctionne ! (Rires) Ben oui tout ça c’est du vent bien entendu !
Des vœux ! A qui on fait un vœu ? C’est du vent tout ça !
Évidemment celui qui ne penserait qu’à « ça » ce serait quand même un problème hein ?
La recherche, notre recherche, le but à atteindre, doivent l’emporter sur le reste !
On peut pas être un touriste là dedans, il faut vraiment y aller quoi !

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6) LE MENTAL.

Est-ce que la recherche, peut pas être une fuite de la réalité ?

 Quelle réalité ?

Ben la réalité objective.Est ce qu’il n’y a pas un risque finalement de se créer son propre monde ? De partir dans un monde imaginaire ?

 Le monde d’où tu es en train de me parler est imaginaire……En fait !
C’est tout ce que je peux en dire moi. C’est aussi réel que toi en ce moment dans ta question, ça existe pas, ça apparaît parce que t’es arrivé ce matin.
Quelle imaginaire ? Quelle réalité ? Quel monde ?

Il n’y a pas de danger donc en fait dans la recherche ? Parce que moi j’ai vu des gens devenir à moitié fou quoi…..

 Oh il n’y a pas besoin d’être dans la recherche spirituelle pour devenir fou (rires) y a plein d’exemples comme cela !
AH oui, oui,il y en a qui ont peur de devenir fou en cherchant ben moi je comprends pas, à part fou d’Amour, ou ivre comme Ramdas de Dieu.
Le seul danger c’est ça ! Mais pour le mental effectivement s’il interprète il va y avoir du danger, le danger qu’il disparaisse surtout, donc c’est un danger pour lui.Pas pour la base que l’on appelle LE SOI.
Mais la vie est dangereuse hein parce que elle finit (rires) tout le monde va mourir physiquement. C’est inévitable par contre. C’est cela voir les choses telles qu’elles sont !
Qu’est ce que je risque ? Le bonheur, il est là : c’est nous !
Mais l’idée qu’on en a, elle est mentale. C’est ça le paradoxe !
Le mental ne veut pas mourir, il se bat.
A aucun moment il ne peut participer en fin de compte, à quelque chose d’autre que ce qu’il expérimente, c’est-à-dire la vie de tous les jours, et pourtant cette vie de tous les jours apparaît et disparaît. Entre temps je suis pas mort comme je dis.Même si c’est impropre ça fait rien !
L’existence est là, elle existe sans que j’en aie conscience et c’est ça qui m’intéresse moi.
Il y aura des hauts, il y aura des bas, ça c’est inévitable, c’est pas propre à une vie spirituelle, c’est propre à la vie tout court. On est un homme fragile, l’être humain est fragile, c’est dur ! Pour certains c’est même intenable, hein cette expression « je suis mal dans ma peau » ? Comment on pourrait être bien dans un truc provisoire ?
C’est cela qui est intéressant à voir et de voir que pourtant j’aspire à autre chose parce que c’est là, la vérité ou notre véritable nature ou LE Soi, peu importe les mots, se manifeste d’elle-même mais le mental n’y comprend rien. C’est ça la difficulté, il ne comprendra pas !
Ce n’est pas un problème, que ça fonctionne comme cela, le mental n’est pas un problème, en tout cas il est là donc on va faire avec, c’est pas un problème, mais plus on va faire de problèmes, plus il va se régaler quoi ! Au moindre truc, il applaudit. Le mental adore le conflit. Dans ce sens là la méditation procure des instants de paix comme on dit ou de silence ……

Pourquoi le mental adore le conflit ?

 Ca fonctionne comme ça !

Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de négativité, il veut posséder, il veut pour lui…

 Le fait qu’il soit éphémère et qu’il ne le sache pas : ça crée ce problème là en fait ! Mais nous on en a conscience, c’est ça qui est intéressant !
La conscience observe le mental mais le contraire n’est pas possible !
Donc le mental crée des problèmes, mais pour lui en fait hein. Le fait de le constater, on voit bien que l’on ne peut pas être ce qu’on constate, donc on est pas le mental, on est pas l’individu. Puisqu’on arrive à le dire, c’est ça qui est extraordinaire !

Donc ça veut dire finalement que l’on peut Réaliser que l’on soit dans un état de paix ou dans un état de colère, quel que soit……. ?

 Bien sûr ! Le silence ou la paix ce sont des attitudes mentales. La Réalisation n’est pas le résultat d’un processus, il ne manquerait plus que ça quoi….. Ou alors il commencerait et puis il finirait ce serait un état comme un autre, c’est pas le cas, c’est simplement l’idée qu’on en a qui est pas adaptée on va dire….
On ne trouvera jamais ce qu’on cherche en fait hein, bien entendu, puisqu’il y a toujours une interprétation dedans, jusqu’au bout, mais ça fait rien, ça fait rien
Moi je n’ai pas trouvé ce que je cherchais à aucun moment, c’est beaucoup mieux, puisque le mental participant à cela, jusqu’au bout il interprète plus ou moins hein ? On dit que l’on se détache petit à petit, mais détaché de quoi, qui se détache, qui se prend pour un individu ?
Surtout pas LE SOI. LE SOI il ne pense pas hein, il n’y a pas d’interprétation, l’interprétation est toujours mentale et elle se produit parce que j’en ai conscience. C’est cela voir les choses telles qu’elles sont hein, simplement comme elles sont …. Ce sera déjà pas mal !

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7) LA SOUFFRANCE.

 C’est dans les moments de difficultés assez intenses que peuvent se produire des transformations, est ce que la souffrance fait partie du chemin, est ce qu’elle est indispensable, est ce que c’est un mal nécessaire ?

 En tout cas on peut rien faire contre !
On peut rien faire contre : Que l’on soit d’accord ou pas, il y aura des souffrances. La souffrance est toujours psychologique d’ailleurs !
La douleur est physique.
La souffrance : c’est parce que l’on est identifié à un individu qui a mal, que l’on souffre, s’il n’y a pas identification, il n’y a pas souffrance ! C’est mon expérience !
Il ne faut pas confondre la douleur qui est physique, avec la peur de la douleur qui est psychologique ou mentale (peu importe comme on dit).
Donc c’est souvent dans les épreuves que l’on grandit, on le dit souvent mais c’est vrai hein !

Parce que on est poussés à nos limites en fait, sinon on ne les voit peut être pas nos limites ?

Parce que on voit les choses telles qu’elles sont, tant que l’on n’a pas mal on peut imaginer ce que c’est que la douleur, si un jour on a mal on va l’expérimenter. Seule l’expérience est un révélateur en fait. Donc la douleur, la maladie, nous rapprochent de la fin du corps, posent question, évidemment la peur première étant la peur de ne plus être. S’il n’y avait pas la peur de la mort il n’y aurait pas d’autre peur hein ? Si le corps était éternel !

Justement certaines voies affirment que la liberté se situe au-delà de toutes les peurs : la formule que l’on entend habituellement c’est « aller au-delà des désirs et des peurs »

Pourquoi aller au-delà ? Il suffit de voir « qui » est concerné.
Le désir n’existe pas de lui-même, la peur n’existe pas d’elle-même.Qui est concerné par cela ? L’individu, le mental, et bien sûr la conscience que j’en ai !
Pourquoi il faudrait enlever les désirs ?
Pourquoi ?

Parce qu’ils peuvent créer une dépendance et nous rendre prisonniers en fait !

Mais ils rendent prisonnier qui ? Le mental ! Or je peux évoluer puisque c’est la conscience que j’ai de cela qui compte, elle va changer, pour un chercheur elle va encore changer plus vite même. Le désir n’est pas quelque chose de mauvais, c’est quelque chose de naturel, les plaisirs aussi.
Comme je l’ai dit souvent : on aurait droit en tant qu’individu à avoir des souffrances et puis les plaisirs seraient mauvais ?
Ils existent, mais ils existent en fonction de la conscience que j’en ai. Ils n’existent pas d’eux-mêmes. Il n’y a rien de mauvais dans les désirs et dans tout ce qui apparaît, dans tout ce qui se passe il n’y a rien de mauvais.
Mais un désir peut être très aliénant et une peur aussi !
Oui : l’attachement au désir. Si l’on est très attaché : son absence va nous faire souffrir. Attachement= Souffrance

Donc là on tombe dans la frustration ?
Oui c’est cela !

C’est quasiment inévitable dans la vie la frustration ?

Oui comme la mort pour le corps, ça va ensemble, l’aboutissement c’est quand même cela : ça finit.
Le désir est naturel, c’est un désir d’exister en fin de compte, qui passe par des tas d’idées qu’on en a, par des tas de concepts : »il me faudrait ceci plutôt que cela ! », Mais c’est normal ! Il n’y a pas d’erreur dans tout cela et c’est fonction de chaque individu.
Personne n’a les mêmes envies, les mêmes désirs, n’a besoin des mêmes plaisirs, et pour un chercheur les mêmes pratiques on va dire.
Il n’y a rien de mal dans un plaisir qui est naturel.
Ce qui est naturel, il n’y a pas à vouloir changer le naturel quoi ! Pour quoi faire ?

Donc finalement il faut accepter si un désir ne peut pas être accompli !
L’individu va faire ce qu’il peut avec ce qu’il a, comme on dit, c’est pas facile, il n’y a pas à accepter ou pas accepter : c’est comme cela de toutes façons quoi ! Le chercheur va s’en rendre compte petit à petit.
On dit souvent : travailler le détachement, accepter, mais ni l’un ni l’autre ! Qui est attaché ? Qui accepte ou pas ? Est-ce que ça changera quelque chose ?
Le fait que j’accepte ou pas ma vie et puis la mort par exemple du corps, est ce que ça va changer quelque chose ?
C’est cela voir les choses telles qu’elles sont. Il n’y a rien à changer dans le monde, il n’y a rien à changer dans l’individu, quoiqu’on fasse il va finir.
Et je ne peux pas ÊTRE ce que je constate : c’est extraordinaire de voir ça.
Tous les soirs je constate que l’individu finit. Chaque soir c’est une mort provisoire en fait, mais les gens n’ont pas peur parce qu’ils pensent se réveiller.
Il n’y a ni expérimentation de la naissance, ni expérimentation de la mort.C ‘est mon expérience, ce n’est pas quelque chose à croire, c’est à expérimenter.

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 8) LA GRATUITE.

Il arrive qu’après avoir montré beaucoup d’enthousiasme certains chercheurs se laissent décourager par les déceptions !

 Oui parce qu’on n’attend rien ! Le chercheur véritable, celui qui est passionné, celui qui a un amour fou pour sa recherche, n’attend rien en retour, il veut simplement fusionner dans ce qu’il cherche. Moi je l’ai toujours ressenti comme ça, donc je l’explique comme je l’ai vécu : c’est pas un besoin…….On n’attend pas en retour quelque chose de particulier, c’est pas perceptible comme cela, C’EST UNE HISTOIRE D’AMOUR, c’est pour cela que je préfère ce mot AMOUR. On n’attend pas quelque chose en retour, une récompense ou une connaissance, c’est pareil, c’est vraiment (comme l’a si bien dit Elizabeth parce qu’elle le vivait), ne faire plus qu’Un, fusionner, pour RIEN encore une fois hein, LE SOI se manifeste par sa nature, j’aime par nature, l’amour VÉRITABLE C’EST AIMER PAR NATURE PAS POUR QUELQUE CHOSE, la preuve c’est que l’amour particulier où on aime quelqu’un pour quelque chose ou quoi que ce soit ça marche jamais bien hein ? Ca ne marche jamais ! Parce que on en attend quelque chose.
L’AMOUR inconditionnel pour rien on attend rien : si on n’attend rien on ne peut pas être déçu.
Notre vraie Nature existe pour RIEN, ce qui existe, existe pour RIEN.
Ce qui apparaît semble avoir un but c’est la différence.
Évidemment c’est TOUT POUR RIEN ! L’existence c’est pas exister pour quelque chose.

Donc on est là pour rien alors ?

 « On » oui !

Quand en Inde la tradition nous dit : « le but de la vie c’est réaliser Dieu »…

 Non ! Mais non il n’y a pas de but dans la vie ! La vie de « qui » ? Quelle vie ?
LE SOI n’est pas conscient de lui-même. C’est un peu comme quand on dit le tsunami a tué, comme s’il avait tué : il n’a pas conscience d’exister. L’univers n’a pas conscience d’être, à partir du moment il ne peut pas y avoir un but.

Si rien n’a de but on a vraiment l’impression que le monde est très injuste, qu’il y a beaucoup de souffrance, que……enfin je sais pas, qu’il y a des choses terribles, il y a des gens qui ont beaucoup de chance, d’autres pas du tout, tout ça c’est pour rien ?

C’est pour rien ! , Heureusement ! Contrairement à ce que disent les religions il n’y a pas un peuple élu, il n’y a pas une chose mieux que l’autre, ça arrive pour rien, disons que la manifestation distribue comme cela, pour rien bien entendu, il n’y a pas un but précis, il n’y a pas de but du tout même, contrairement à ce que l’on a toujours entendu dire, qui est peut être rassurant quoi ! Une vie qui ne dure pas, qui est éphémère, qui va finir : si on dit en plus que c’est pour rien !
Il n’y a pas à le dire d’ailleurs on va le constater. Le chercheur qui veut vraiment savoir comment ça se passe, qui veut comprendre quelque chose, au départ il va bien voir tout cela.

Donc le karma ou la réincarnation par exemple ça n’existe pas ?

 N’existe que ce que tu expérimentes, si tu l’expérimentes ça existe pour toi, c’est ça qui est important, tout le reste ce sont des « on dit », c’est véhiculé par ce que l’on a entendu dire, c’est des croyances, des concepts.
Il n’y a que toi qui existes ! C’est quand même facile à voir ça ! Le reste apparaît dans le champ de ta conscience et il y a tout, tout ce que l’on entend dire, tout ce qui est véhiculé, si tu expérimentes les réincarnations : ça existe mais pour toi ! Celui qui n’expérimente pas ou qui n’a jamais entendu parler : ça n’existe pas. Ce sont des choses qui apparaissent, ce sont des concepts. Tout est concept. Un chercheur SÉRIEUX (en majuscules) NE DOIT TENIR POUR VRAI QUE CE QU’IL EXPÉRIMENTE LUI-MÊME : ça va être vite limité !
Voir les choses telles qu’elles sont, pas comme on voudrait qu’elles soient. Comme pour l’amour, si les gens pouvaient aimer l’autre tel qu’il est, sans vouloir le changer, ça marcherait ! Mais ce n’est pas comme ça, on veut toujours transformer tout quoi. On ne changera pas le monde, on ne changera pas les autres, même nous on ne changera pas, il suffit de changer la conscience qu’on en a ! Le plus gros du chemin sera fait, après c’est une histoire de fusion.

Je reviens sur la notion de destin parce que c’est une question que l’on entend souvent, dire que tout est écrit, prédéterminé, ça n’a pas de sens ?

 Ca ne concerne que l’individu et que l’événementiel : on n’est pas les événements, ça n’a aucun intérêt ! Ceux qui disent que tout est écrit, que tout se fera si ça doit se faire, ne le vivent pas, autrement ils ne diraient pas cela.
Alors RAMANA (pour ceux qui l’ont bien lu, mais apparemment des fois il faut le rappeler quoi !) il dit que dès la conception de la vie de l’enfant dans le ventre de la mère, les grandes lignes sont écrites, il le précise comme ça et il dit la seule liberté que vous avez c’est de vous identifier ou pas à l’individu.Et là je dis super bonne nouvelle. Qu’est ce qui permet que je m’identifie ou pas à l’individu ? La conscience que j’en ai. Donc il nous dit que la conscience est libre, c’est comme cela qu’il faut l’entendre : LA CONSCIENCE EST LIBRE et tout existe en fonction de la conscience qu’on en a. Donc quand on parle d’événementiel, de destin et tout : ça concerne les événements. Quand on dit que tout est écrit, tout ça, d’abord écrit par qui ? Hein ça marche comme ça : la plupart des événements sont écrits, comme un verre : il est prévu de durer tant d’années, mais si je le casse c’est pas prévu ça ! Dans la graine le séquoia est prévu de faire 100 mètres, ce qui n’est pas prévu c’est le vent qui peut le détruire. C’est pareil pour tout, tous les événements sont comme cela. RAMANA l’a dit une fois à quelqu’un qui s’inquiétait de son karma, « mais vous êtes un chercheur, vous n’êtes pas concernés par le karma ! » Comprenne qui peut ! On ne peut pas s’arranger avec cela, il faut l’expérimenter.

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9) LA RENCONTRE.

 Est-ce que tu crois que c’est important pour un chercheur de rencontrer un être Réalisé ?

 C’est le moment le plus important de la recherche, évidemment ! Mais une fois suffit hein, c’est pas la peine d’aller à la messe tous les jours, après ! Disons que ce qui se passe dans cet instant là, comme le dit si bien le père LE Saux, c’est un miroir, je suis en face de moi-même tout simplement, évidemment ce n’est pas une personne. Si on va voir une personne ce n’est pas la peine ça sert à rien.
La graine est déposée, après il n’y a plus qu’à l’entretenir.
Ce n’est pas fini quand même, mais c’est important.
Encore une fois la conscience que les chercheurs ont, à la fois de la recherche, de ce qu’il faut faire, pas faire, de l’être réalisé, tout le monde se fait une idée mais tant que tu n’es pas dedans tu ne peux pas le savoir.
Comme je dis il faudrait venir et déposer le mental à la porte pour qu’il n’interprète pas et puis le rependre en sortant.
Si on n’interprète pas on va ressentir cette PRÉSENCE, qu’en fin de compte a l’autre hein ! Parce que pour l’être réalisé il n’y a pas deux, ça n’existe pas, quand RAMANA le disait je ne comprenais pas trop au départ : c’est dans la réalité, IL N’Y A PAS D’AUTRE.Mais avec des mots ça ne veut rien dire c’est vrai !
En fonction des personnes (on voit bien que ça n’agit pas pareil sur chaque chercheur) en fonction de son ouverture, de sa sensibilité, de son aspiration à aller au bout de ce chemin, il ressentira plus ou moins ce qu’il cherche en fin de compte. Chez certaines personnes c’est très fort, chez d’autres non ! Et puis ça peut arriver plus tard, et puis il peut y avoir un grand déclic ce jour là et puis que ça retombe après, c’est jamais fini tant que c’est pas réalisé en fait, il y a toujours le mental qui interprète.
Les questions sont sans fin, mais elles sont là : C’EST NORMAL.
Beaucoup s’en veulent ou disent « non, non, pas de question et tout ça ! »Mais tant qu’il y en a, il faut les poser : ça occupe le mental, ça donne deux ou trois explications et évidemment que ce n’est pas la question, même la réponse qui compte : C’EST-CE QUI PERMET QUE CA SE FASSE .Pour un être réalisé : c’est LA PRESENCE, ce n’est pas une présence particulière, c’est TA PRESENCE !

Donc tout est dans l’ouverture alors ?

 OUI…………………L’ouverture à quoi ?……..A ce qu’on PRESSENT, au BONHEUR, à ce qu’on appelle LA VÉRITÉ, à notre VÉRITABLE NATURE, à…… « Je voudrais bien moi vivre ce dont parle RAMANA, ce qui fait que RAMDAS dévale la pente d’Arunachala comme un fou en disant « ça s’arrêtera si RAM m’arrête ! » Où il est là RAMDAS par exemple ? C’est de l’AMOUR FOU. Alors quel exemple encore là : oui c’est une histoire d’ouverture, une ouverture de cœur à ce que je désire le plus : ETRE HEUREUX.
Tu vas voir quelqu’un, bien sûr que ce n’est pas marqué dessus : « être réalisé » et bien vas y sans à priori, et de toutes façons ça se fera quand même parce que lui il juge pas, il soupèse pas, ça existe pas tout ça !
Il n’y a pas de jugement, il n’y a pas de grade dans la recherche spirituelle, c’est une histoire d’AMOUR et dans l’AMOUR il n’y a pas de grade. On n’est pas dans la religion, ni dans la politique là, ni au judo, il n’y a pas besoin d’être ceinture noire, il ne faut pas avoir de ceinture en fait !

Mais du coup, pour cultiver cette ouverture c’est quelque chose de difficile parce que dans nos expériences quotidiennes le premier réflexe ce n’est pas l’ouverture

 Ca c’est vrai que si on n’était qu’un intellect. Si on est qu’un individu avec son intellect, oui on va avoir des peurs, on va avoir tout cela, ça c’est le personnage, l’individu avec son intellect.

Ce n’est pas que l’intellect, c’est la sensibilité je dirais plutôt, c’est …..

Oui les sensations ! LA BASE qui permet les sensations c’est L’AMOUR !
Il n’y a pas de sensations possibles, il n’y a pas de plaisir possible, si il n’y a pas LA BASE qui est l’AMOUR, ou LE BONHEUR. LE SOI ou BONHEUR vont ensemble, ils donnent dans la manifestation l’individu avec ses sens, avec des plaisirs, mais l’individu avec ses sens et des plaisirs n’existe pas sans la base du SOI, du BONHEUR.
Le contraire n’est pas possible..

Ca veut dire que l’AMOUR doit être plus fort que la peur alors ?

Il est plus fort que la peur et on ne le voit pas, le mental ne peut pas le comprendre.
C’est cela le paradoxe toujours, c’est que l’on cherche une explication à quelque chose qui n’en a pas.Comme je dis tout le temps : si un jour on explique l’AMOUR ça n’en sera pas.Il n’y a pas d’explication à l’AMOUR, il n’y a pas de raison d’aimer, l’AMOUR VÉRITABLE : j’aime pas parce que ou pour, j’aime tout court, c’est ma nature véritable, elle se manifestera d’elle-même, elle est déjà là.
Si on abandonne de vouloir expliquer quelque chose, on va tomber dedans.
Alors après : qui est le « on » ? On verra !

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10) LE TÉMOIGNAGE.

 Et pourquoi tu témoignes ? Qu’est ce qui te pousse à témoigner ?

Ce qui me pousse à témoigner c’est que j’ai jamais cru en 45 années de recherche (j’ai pas peur d’employer recherche moi hein ! je cherchais, il y en a qui cherchent la bagarre moi je cherchais l’AMOUR ! (Rires)
Parce que tu aimais tellement ça, tu étais tellement passionné, à aucun moment t’envisage que c’est pour toi, le jour où ça arrive, tu dis aux autres : « Hou hou !c’est possible les gars » évidemment, et c’est pour tout le monde bien entendu, il n’y a pas de conditions à remplir pour ÊTRE, par contre l’idée qu’on en a est extraordinairement fausse à cause de ce qui est véhiculé, à cause de nos conditionnements et à cause de la conscience qu’on en a qui diffère de chacun.
J’ai aimé ça par-dessus tout, c’est un trésor, c’est ma vie, c’est le bonheur.
Et puis t’as celui qui cherche et qui doute et qui trouve que c’est dur (comme t’as trouvé que c’était dur !) tu lui dis : « non !non ! C’est tellement simple que le mental ne peut pas le concevoir.
C’est ça le témoignage : un témoignage c’est un acte d’AMOUR, que tu ne décides pas, ça se fait tout seul ! Et moi j’en suis sûr, je sais que ça tient à rien et à un point (il tape sur le micro) que même là vous ne l’imaginez pas ! L’identification tient à rien du tout, elle va pas tomber : « oui le fruit est mûr !…. »…….oui aussi, aussi…..mais ça peut aller beaucoup plus vite, c’est une histoire d’intensité : j’aime, je veux ça plaf !fini ! C’est une certaine folie quoi en fin de compte !…….La vraie !

Mais comment ça s’est fini pour toi ? Comment ça s’est passé ? Est ce qu’il est possible de décrire cet ultime moment ?

 A aucun moment je n’ai envisagé que c’était pour moi ce dont on parle là : LA RÉALISATION.
Un jour je lisais NISARGADATTA que j’avais lu…on va dire 50 fois avant,  et il y a eu un déclic qui fait que « tiens oh ! C’est pas vrai c’est pour moi »Moi aussi je pourrais quoi ! Donc ce n’est pas qu’une compréhension, il y a une part de compréhension et puis ça se transforme en un DÉCLIC qui va plus loin que tout cela en fin de compte.

Qui va plus loin que quoi ? Que l’idée ? Que le mental ?

 C’est une prise de conscience, mais des prises de conscience tu en fais toute la journée, celle là est plus forte, c’est comme quand j’ai pris un éclair (allusion à la foudre qui l’avait frappé) l’instant de LA RÉALISATION c’est pareil : t’es foudroyé !
Alors celui qui me dit que c’est pas un événement…bruit avec sa bouche….Il faut qu’il voit hein ! FOU. DRO. YE !!!!! Comme si la conscience…..(je le décris moi comme je peux le décrire)La conscience est en train de réaliser, de comprendre mais…le mental n’est pas là hein, ça change tout, il interprète pas dans cet instant là(je décris un instant qui va vite mais au ralenti !)
La conscience est en train de réaliser quoi, comme les choses sont vraiment…SANS INTERPRÉTATION….imagine ça n’arrive pas souvent ! Comme la conscience comme dit si bien NISARGADATTA est toujours conscience de quelque chose, quand elle n’est pas consciente de quelque chose, il n’y a plus de conscience, c’est l’ÊTRETÉ tout court.
Conscience du monde avec toi dedans….la vie particulière….et tu vois que TU ES LA BASE !
A l’instant où c’est compris, la compréhension est dissoute, il n’y a plus de contenu dans la conscience, ça se transforme en ÊTRETE : TU ES FOUDROYÉ !
« QUI » est foudroyé ? ………………et bien tu verras bien………………Plaf ça fait ça !!!!C’est cela LA RÉALISATION ! C’est un événement extraordinaire, c’est un feu d’artifice, c’est le volcan qui pète quoi en fin de compte……….
Quand on voit ce qu’on est on n’a pas envie de changer quelque chose mais on a envie de témoigner de ce que l’on a vécu et de dire que c’est évidemment pour tout le monde……………sans l’idée qu’on en a !
Quoi de plus simple que ça ? On est là définitivement………..C’est tellement fort que…..les mots suffisent pas au fond……………………………………….

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