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Tous les êtres de cet univers le maintiennent par leurs propres notions et idées!(Yoga Vasistha 4)

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Notre mental est le roi des constructions illusoires des châteaux en Espagne!

Dans cette quatrième partie du Yoga Vasistha, après avoir envisagé la création du monde d’une manière telle qu’elle bouscule pas mal d’idées reçues, on va passer maintenant à ce qui maintient ce monde « en vie » et là aussi si je puis dire familièrement : « on n’est pas déçu du voyage » car d’emblée l’auteur nous annonce la couleur et le ton qui vont présider à la suite du texte : «  En fait cette existence est aussi réelle qu’une vision onirique, car, produite par personne, à partir de rien, au moyen d’aucun instrument, elle ne s’appuie sur rien du tout ! ». Le point de vue est assez vertigineux surtout pour quelqu’un qui veut se rassurer avec la présence haute en couleur d’un Dieu barbu, gentiment paternel, nous observant de derrière les nuages avec la tendresse que nous souhaitons si souvent d’un père idéal. Et l’auteur enfonce le clou en disant que tout cela est comme un brouillard généralisé dont il est vain de vouloir se saisir car en fait il n’y a rien !

Pas rassurant ces textes et pourtant comme je le dis souvent mais j’aime à le rappeler, lorsque l’on voit le regard de ces sages qui sont en accord avec ces textes, celui De Ma Ananda Mayi, de Ramana, de Bernard, on n’a vraiment pas l’impression qu’ils soient très effrayés par cette condition et qu’ils aient sombré dans un néant destructeur.

Aucune dépression, une joie profonde, un Bonheur Éternel qui illumine leurs yeux………Alors méditons le paradoxe et allons plus avant dans la découverte de ces textes « éveilleurs ».

Tout au long de ce texte est mise en avant l’importance du mental qui met en scène en quelque sorte l’illusion provisoire de ce que nous appelons nos vies et qui occupe toute notre énergie.C’est lui qui est lié et qui doit donc de ce fait être libéré, ainsi est donné l’axe du travail auquel nous devons nous atteler. La profondeur du texte nous permet de relativiser nos préoccupations si souvent auto-centrées pour revenir à LA BASE du SOI qui seule est réelle et éternelle.

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Ô Rama, après t ‘avoir exposé la Vraie Nature de la création du monde, je vais t’exposer la Vraie Nature de ce qui maintient l’apparence de ce monde.

Ce n’est que tant que dure l’illusion de l’apparence de ce monde, qu’il y a existence du monde en tant qu’objet de perception. En fait cette existence est aussi réelle qu’une vision onirique, car, produite par personne, à partir de rien, au moyen d’aucun instrument, elle ne s’appuie sur rien du tout !

Elle n’est appréhendée qu’à la façon d’une rêverie. Elle est essentiellement irréelle. C’est une peinture sur du vide, comme les couleurs d’un arc-en-ciel.

C’est comme un brouillard général : quand on tente de s’en saisir, il n’y a rien.Certains philosophes traitent cela de substance inerte, ou de Vide, ou de somme des atomes.

Il est opportun de dire que l’arbre existe dans la graine, parce que tous deux ont des formes opportunes.Mais dans cela qui ne possède pas de forme( Brahman, le Soi) il est inopportun de dire que cette forme cosmique du monde existe.

Voilà pourquoi c’est pure folie de supposer qu’il existe un lien causal entre Brahman ( le Soi) et le monde.

La vérité c’est que seul Brahman(le Soi) existe et que ce qui paraît être le monde est cela et rien d’autre.

Il n’existe donc pas de lien de cause à effet entre le Soi suprême et l’univers.

La création n’est qu’un mot sans réalité substantielle correspondante.

Une fois équipé de la sagesse acquise par l’étude des écritures et la compagnie des Êtres Réalisés, et une fois ses sens bien maîtrisés, l’on se rend compte de la parfaite inexistence de tous les objets de perception.

Rama : le mental seul est tout cela et une fois cela résolu, cette illusion de l’apparence du monde est résolue du même coup.

Ce mental seul, par sa faculté de penser, fait apparaître ce que l’on appelle le corps. Aucun corps n’est perçu là où le mental ne fonctionne pas !

D’où le fait que le traitement de la maladie psychologique qui porte le nom de perception des objets constitue-en ce monde-le meilleur des traitements. Le mental crée l’illusion, le mental crée les idées de naissance et de mort et , résultat direct de ses propres pensées il est lié et doit donc être libéré !

C’est le mental qui crée le corps avec tous ses membres. Le mental lui-même est à la fois les êtres conscients et les êtres dénués de conscience.

Toute cette diversité sans fin n’est rien que le mental, lequel, dans sa fonction de détermination, porte le nom d’intellect et, dans sa fonction d’identification, s’appelle sentiment de l’ego.Le corps physique n’est que de la matière physique ; pourtant le mental le considère comme le sien, si le mental se tourne vers la vérité, il cesse de s’identifier au corps et accède au suprême.

C’est donc bien le mental qui « crée le corps » par ses seules pensées, exactement comme le potier fabrique un pot. Il crée de nouveaux corps et provoque la destruction de ce qui existe, et tout cela rien qu’en formant le vœu.

Il est évident que le mental recèle les facultés d’illusion ou d’hallucination, de rêve et de pensée irrationnelle qui créent les châteaux en Espagne, cela ne fait aucun doute.

Semblablement il crée en son sein l’apparence du corps ; mais avec sa vision physique grossière, l’homme ignorant voit le corps physique comme différent, et indépendant du mental.

Les trois mondes de la veille, du rêve et du sommeil, ne sont également que les expressions des facultés du mental. Cette expression ne peut être jugée ni réelle, ni irréelle. Conditionné par la perception conditionnée de la diversité, quand le mental « voit », il voit la diversité.

En conséquence on ne saurait rien avancer à propos de Brahman(du Soi) .Il est impossible d’affirmer qu’il n’est pas devenu tout cela(le monde) et il est également impossible d’affirmer qu’il est devenu tout cela.

Quand le soi est vu en tant qu’objet, celui qui voit n’est pas vu(réalisé).

Tant qu’est perçu l’univers objectif : on ne Réalise pas le Soi.

Quand vous voyez le mirage en tant qu’eau, vous ne percevez pas l’air chaud qui s’élève, mais quand vous percevez l’air chaud qui monte, vous ne voyez pas l’eau du mirage ! Quand l’un des deux est la vérité, l’autre ne l’est pas.

Les yeux qui perçoivent tous les objets du monde ne se voient pas eux-mêmes.

Tant que l’on nourrit la notion d’objectivité, le Soi n’est pas Réalisé.

Brahman(le Soi) est aussi pur et subtil que l’espace, IL NE PEUT ÊTRE RÉALISÉ PAR AUCUNE SORTE D’EFFORT

(NDLR : on retrouve bien là l’éternel paradoxe souvent évoqué par Bernard qu’à la fois il fait faire des efforts continus et à la fois qu’aucun effort en lui-même ne mène à la Réalisation. Disons que les efforts préparent le terrain du bouleversement final de la Réalisation mais qu’ils n’en sont pas la cause)

Aussi longtemps que l’on voit ce qui est vu avec le sentiment intérieur qu’il s’agit d’objets de perception( celui qui les voit étant un sujet et un observateur séparé), la Réalisation du Soi est assurément très éloignée.

Ce n’est que lorsque cesse la division entre celui qui voit et ce qu’il voit, seulement quand les deux sont « vus » comme une seule substance, que le Soi est Réalisé.

(NDLR: je rappelle que Bernard dit que la meilleure image approchant de la vérité de la Réalisation c’est quand le spectateur et le spectacle tombent ensemble et qu’il ne reste plus que ce qui faisait que cela existe: LA BASE, LE SOI!)

Chaque atome de l’existence contient l’infinie conscience, voilà pourquoi elle est indivisible.

(NDLR : Affirmation très forte et dynamisante, mais qui si elle est mal comprise, et n’est pas modulée par des affirmations multiples dans le livre allant dans un sens inverse, peut faire accroire à un panthéisme délirant. Comment le moindre atome peut-il contenir tout le Soi ?La phrase placée légèrement ci-dessus disait le contraire :« Il n’existe donc pas de lien de cause à effet entre le Soi suprême et l’univers. »Ce qui montre une fois de plus que la lecture littérale et partielle des textes sacrés est une aberration. Il faut saisir le texte dans son ensemble et voir que certaines exagérations apparentes ne sont là en fait que pour hâter certaines prises de conscience)

Quand la force vitale frémit dans le corps, les divers organes de la pensée, de la parole et de l’action, accomplissent leurs fonctions. Ils se dirigent vers leurs objets de perception selon les notions erronées qui prédominent dans le mental. La force vitale perçoit alors diverses formes au sein du Soi.

Comme cette perception donne l’impression d’être d’une nature persistante,elle est connue sous le nom d’état de veille.

Mais quand la force vitale n’est pas ainsi déviée par le mental et le corps, elle demeure enracinée dans la paix au sein du cœur. Il n’y a pas de mouvement de conscience dans les nerfs du corps, et la force vitale n’active pas non plus les sens.

Toutefois cette conscience qui est éveillée même en sommeil profond et qui est aussi la lumière qui brille dans la veille et le rêve, est la conscience transcendantale TURIYA ( Bernard dit qu’on ne peut parler d’elle comme quatrième état mais qu’elle se situe encore au-delà d’un état quelconque : ce n’est pas un état.)

Quand à nouveau croissent les germes de l’ignorance et de l’illusion, la première pensée qui est la pensée : « Je Suis » voit le jour.

Puis l’homme perçoit des formes pensées au sein du mental dans des rêves.A ce moment-là les organes des sens extérieurs ne fonctionnent pas, mais les sens intérieurs sont actifs et il y a perception au-dedans de l’individu. C’est l’état de rêve. Quand la force vitale active à nouveau les organes des sens il y a à nouveau état de veille.

Je n’ai décrit les états du mental que pour te permettre de comprendre la nature de celui-ci. Le mental n’a pas d’autre usage, il ne sert à rien d’autre car il prend la forme de ce sur quoi il concentre son intérêt. L’existence, la non-existence, obtenir et renoncer- toutes ces choses ne sont que des dispositions du mental.

Ô Rama, il voit la vérité celui qui voit dans le corps, le produit d’une incompréhension et la source du malheur ; et qui sait que le corps n’est pas le Soi.

-il voit la vérité celui qui voit que dans ce corps, plaisir et douleur se manifestent du fait du passage du temps et des circonstances où il se trouve ; et que ni le plaisir, ni la douleur ne lui appartiennent.

-Il voit la vérité celui qui se voit conscience omniprésente et infinie, laquelle contient en elle-même tout ce qui se passe partout à tout moment.

-Il voit la vérité celui qui sait que le Soi, aussi subtil que la millionième partie de la pointe d’un cheveu divisée un million de fois, pénètre toute chose.

-Il voit la vérité celui qui voit qu’il n’existe aucune division entre le soi et l’autre et que l’unique lumière infinie de la conscience constitue la seule réalité.

– il voit la vérité celui qui voit que la conscience non-duelle qui imprègne tous les êtres est toute-puissante et omniprésente.

-Il voit la vérité celui qui n’est pas induit en erreur et ne se prend pas pour le corps sujet à la maladie, la peur, l’agitation, la vieillesse et la mort.

-Il voit la vérité celui qui voit que les moindres choses sont prises dans le Soi à la façon des perles d’un collier enfilées sur un fil, et qui sait : «je ne suis pas le mental »

-Il voit la vérité celui qui voit que tout cela est Brahman, ni « moi », ni « l’autre »

-Il voit la vérité celui qui voit dans tous les êtres des trois mondes des membres de sa propre famille qui méritent sa compassion et sa protection.

-Il voit la vérité celui qui sait que seul le Soi existe et que l’objectivité est dénuée de substance ;

– Il demeure impassible celui qui sait que plaisir, douleur, naissance, mort, etc, ne sont que le Soi.

-Il est fermement établi dans la vérité celui qui dit : « Que devrais-je acquérir ceci, ou à quoi devrais-je renoncer, tant tout n’est que l’unique Soi ? »

Salut à cette demeure propice du suprême savoir que l’univers entier est véritablement le seul Brahman(Soi), lequel reste inchangé pendant la création, l’existence et la dissolution apparentes de l’univers.

Enquiers-toi constamment de la nature de la vérité, en sachant que cela n’est qu’un reflet.

Ne te laisse pas mener par d’autres : seuls les animaux sont menés par les autres.Sors du sommeil de l’ignorance. Réveille-toi et fais ton possible pour mettre un terme à la vieillesse et à la mort.

L’infortune est la fortune la plus propice. Se voir rejeté par tous est une victoire. La vie, les honneurs et les nobles qualités fleurissent et donnent des fruits à celui dont la conduite et le comportement sont exemplaires et agréables, à l’homme qui s’attache à la solitude et n’aspire pas aux plaisirs du monde, sources de souffrances.

Tout effort ardent s’avère toujours fructueux ; N’abandonne donc pas de louables efforts. Il est assurément indispensable de jauger la fin à sa juste valeur avant de se consacrer à une quelconque entreprise

(NDLR :Bernard dit toujours à ce sujet qu’un chercheur dès le départ doit savoir ce qu’il veut sinon il ne peut se mettre en route)

Si tu as la prudence de procéder de la sorte, tu découvriras sans aucun doute que seule la connaissance de soi est capable de vraiment détruire toute souffrance et tout plaisir à la racine même : en conséquence on ne doit se vouer qu’à la connaissance de soi

mal compris le « je » paraît être une notion impure au sein de l’infinie conscience(le Soi), mais compris comme il faut il apparaît en tant que conscience infinie. Il n’apparaît plus alors en tant que sentiment de l’ego, mais en tant que l’unique réalité infinie.. En fait le « je » ne recouvre aucune entité indépendante.

Quand on révèle cette vérité à un individu au mental pur, son ignorance est dissipée sur-le-champ, mais les autres se cramponnent à leur propre notion erronée comme un enfant s’accroche à l’idée de fantôme.

Lorsque l’on sait ainsi qu’il est faux de voir dans le « je » une entité séparée, comment peut-on croire aux autres notions

( du ciel, paradis, réincarnation etc?) qui s’y rattachent?

Le désir ardent d’accéder au ciel et même à la libération ne se manifeste dans le cœur que tant que le « je » est envisagé comme une entité ; Aussi longtemps que le « je » est jugé ainsi, la vie n’est qu’un tissu de malheurs.Et l’on ne peut se débarrasser de cette notion de « je » que par la connaissance de soi ;

Celui qui est possédé par ce fantôme de la réalité du « je », ne peut s’en débarrasser d’aucune manière, même à l’aide des textes sacrés et des mantras et des rites.

La réalité du « je » ne cesse de grandir que par le retour constant à la vérité que le moi est un pur reflet au sein du Soi ; L’apparence du monde est un tour de passe-passe de prestidigitateur, toute relation de sujet à objet entre lui et moi est insensée.

Quand cette compréhension prend racine, la réalité du « je » est déracinée. ;

Quand on s’aperçoit que c’est le « je » qui donne naissance à la notion d’un « monde », l’un et l’autre se résorbent dans la paix.

Cependant, la forme supérieure de la « réalité du je » qui engendre le sentiment : « je suis un avec l’univers entier , il n’y a rien de séparé de moi »est la compréhension de l’Être Réalisé.

Il existe un autre type de « réalité du je », lorsque l’on a le sentiment que le « je » est extrêmement subtil, de la nature de l’atome et donc différent et indépendant de tout autre élément de cet univers. Ce point de vue aussi est acceptable car il conduit à la réalisation.

Mais la « réalité du je » décrite plus haut est celle qui identifie le Soi au corps : celle-là il convient de l’abandonner de façon radicale.

La pratique continue de la forme supérieure de la « réalité du je » éradique automatiquement l’autre.

Une fois maîtrisée la « réalité du je » inférieure, il faut recourir à sa forme supérieure en alimentant continûment le sentiment que « je suis le Tout », « je suis éminemment subtil et indépendant » ;

Le moment venu il faut même abandonner cette forme supérieure de « réalité du je ».

Alors que l’homme s’engage ou non dans une activité, il n’y a plus de chute à redouter pour lui.

Par conséquent ô Rama, tu peux te dire

« Je ne suis pas l’auteur des actions , je n’existe pas »

ou bien : « je suis l’auteur des actions et je suis tout »

ou bien encore t’interroger quant à la nature du soi( qui suis-je?) et t’apercevoir que : « je ne suis rien de ce qui m’est attribué. »

Demeure établi dans le Soi, que ne quittent jamais les Êtres Réalisés.

Renonce à toutes les notions, même à celle de libération.Demeure en repos dans ce qui reste après que tu aies renoncé à tout.

Celui qui a ainsi chassé tout cela est assurément le Seigneur suprême, qu’il continue à mener une vie active ou qu’il demeure en contemplation toute la journée.

Ce monde aux noms divers et aux formes variées est composé du désirable et de l’indésirable !

Les gens s’efforcent d’obtenir l’un ou l’autre mais il y a bien peu d’amateurs pour la connaissance du Soi.Quel dommage que les êtres humains s’autorisent une si colossale destruction de la Vie pour ces profits insignifiants.Honte à eux !En fait ce monde irréel a acquis de la substantialité du fait de la persistance de la notion de son existence.

Tous les êtres de cet univers le maintiennent par leurs propres notions et idées.

NB : Je me suis permis d’alléger et réduire considérablement le texte tout en préservant je l’espère l’essentiel.Le Yoga Vasistha est d’une ampleur considérable( près de 30000 versets), j’ai désiré le rendre accessible aux chercheurs qui n’ont pas nécessairement le temps ni la possibilité de le lire : pour ce long travail j’ai utilisé:la magnifique édition de SWAMI VENKATESANANDA parue aux éditions INNERQUEST , qui est à ce jour l’édition la plus complète en Français(Octobre 2016.)Elle comporte près de 800 pages!