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Au delà de la résignation et de l’obstination : la quête sereine et déterminée du Bonheur

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Observant ma vie et ma propre expérience , après avoir écouté de par mon métier de nombreuses personnes en souffrance et avoir côtoyé de nombreux chercheurs, il m’est apparu nécessaire de mettre en lumière un des écueils fondamentaux qu’ils risquent de rencontrer, non pour les exonérer de la solution qu’ils devront découvrir pour contourner cet écueil, car tout chemin est spécifique, mais simplement pour leur signaler dans une optique de partage bienveillant .

Trois situations imagées me sont venues à l’esprit et sont à mon sens assez représentatives de la quête de beaucoup d’êtres humains

La première c’est l’image de poules en train de s’amasser contre un grillage et désespérées de ne pouvoir attraper le grain qui est juste derrière : elles s’acharnent, s’obstinent, à creuser un tunnel pour passer de l’autre côté, et finalement s’écroulent épuisées sans avoir atteint la manne salvatrice, alors qu’en fait elles étaient très près du but mais ne le savaient pas car il suffisait de contourner le grillage qui n’était pas fermé à ses deux extrémités.

La seconde c’est celle d’un oiseau que l’on vient de capturer et de mettre en cage. Il tourne en rond dans sa cage comme un forcené s’habituant peu à peu à son triste sort et il commence à admettre qu’il n’en sortira jamais.
Arrive un ami des oiseaux qui horrifié de voir cette situation ouvre la cage, mais l’oiseau, aveugle à cette opportunité continue à tourner, se butant contre les barreaux, et étant complètement épuisé il sort tout à fait par hasard à un moment de la cage mais se fait avaler par le chat qui profite de son épuisement et de son incapacité à voler.

La troisième image qui me vient c’est celle d’un aveugle qui cherche désespérément sous un réverbère le trousseau de clefs qu’il a perdu.Il tourne et s’épuise et arrive un passant qui lui dit :« Mais êtes vous bien sûr d’avoir perdu votre trousseau de clefs à cet endroit ? » et lui tout de go qui répond :
« non je ne l’ai pas perdu là mais on m’a dit que c’était le plus sûr endroit pour le retrouver sous la lumière d’un réverbère. »
Histoire soufie que j’adore et qui montre l’absurde de notre condition : même se sachant aveugle on va chercher un objet que l’on a perdu ailleurs, qui plus est sous la lumière d’un réverbère(alors que c’est totalement inutile puisque nous ne voyons pas par le fait même de notre cécité!) et tout ceci simplement parce que l’on nous a enseigné ce concept qu’il fallait chercher les choses sous la lumière.

Simplistes toutes ces histoires me direz- vous! En êtes vous bien sûr ?
Cela ne vous rappelle t’il pas quelqu’un ou des situations que vous avez vécues ?Non……..vraiment ?……..Et bien j’en suis sincèrement heureux pour vous et ce n’est donc pas la peine de continuer plus avant cet article .
En revanche si vous pensez que vous êtes concernés un tant soit peu alors allons de l’avant.
Qu’y a-t-il de commun dans ces trois situations : une obstination entêtée à répéter une situation non adaptée pour résoudre une situation primordiale voire vitale pour l’équilibre de l’individu.
Et dans ces trois situations chacun est persuadé qu’il est profondément déterminé et qu’il agit justement et que s’il n’y arrive pas c’est qu’il n’a pas de chance, ou un « mauvais karma ! », ou que les Dieux sont contre lui à cause de tous les péchés qu’il a commis, ou qu’il va lui falloir des vies successives de purification pour sortir de cette impasse.
Là encore vous croyez que j’exagère …Mais n’avez vous jamais entendu des assertions similaires dans votre entourage ou plus humblement ne vous êtes vous jamais appliqué cela à votre propre compte ?

Point commun à toutes ces situations, disions nous : une obstination qui mène à l’épuisement et en tout cas jamais à la solution escomptée et jamais AU BONHEUR !

Mais alors une question capitale se pose ou du moins devrait se poser pour tout chercheur sérieux :comment savoir si la folle énergie que nous mettons dans les actions de nos vies, est au service de notre Bonheur, ou n’est là que pour nous mener au désastre une fois de plus ?

Car de nombreuses personnes s’étonnent de ne pas aboutir alors qu’elles ont tout mis en œuvre pour modifier une situation, mais elles ne se rendent pas compte qu’agissant ainsi elles ne font par leur obstination que rester dans les rails de leur conditionnement et répétant ainsi leur histoire, vont arriver inévitablement à un échec.
Freud a d’ailleurs bien mis ce mécanisme en évidence et l’a même génialement théorisé sous le nom de « principe de répétition ». Ce dernier mine sans cesse la vie de l’individu tant qu’il ne passe pas à un autre plan de conscience.

Et c’est ce point qui me semble fondamental, ne plus s’obstiner dans des répétitions absurdes qui vampirisent peu à peu toute l’énergie qui reste à l’individu et le mènent ainsi à l’épuisement et au désabusement

Ce désabusement est d’ailleurs un phénomène récurrent à notre époque et cela mène beaucoup de gens à la dépression car ils n’ont plus confiance en eux-mêmes et ne pensent plus qu’une issue soit possible..

Et si nous poursuivons notre investigation dans ce domaine capital avec sérieux, nous allons bien vite nous rendre comptes que:

l’obstination n’est que le pendant symétrique de la résignation.

De peur de nous résigner : nous nous obstinons..

Essayons d’éclaircir ce point en reprenant une des images ci-dessus.
Admettons que l’aveugle qui cherche ses clefs ait entendu Bernard parler de ferme détermination, de passion démesurée pour aller jusqu’au but ,et qu’interprétant faussement cette parole il aille se dire :
«  oh oui il a mille fois raison, tout ceci est très clair, je dois avoir une ferme détermination pour arriver au but donc je vais rester sous le réverbère jusqu’à épuisement et je vais bien finir par trouver mes clefs. ».

Pour nous autres avec le recul extérieur, tout cela paraît absurde et il est bien évident que quelque soit la qualité, la force de sa détermination, il s’épuisera et n’aboutira qu’à l’échec, car ce qu’il appelle Détermination, n’est alors en fait que stupide OBSTINATION et cette dernière n’a rien à voir avec la passion d’Amour dont parle souvent Bernard et la détermination qui l’accompagne, car celles-ci nécessitent pour être véridiques UN ABANDON, UN LÂCHER-PRISE, UNE CONFIANCE, UN ENTHOUSIASME, UNE JOIE, qui sont les qualités préalables pour donner sens et valeur à la détermination et sortir des ornières du conditionnement , pour passer de fait à un autre niveau de conscience.

Ce que je décris est parfois entrevu lorsque l’on rencontre un Être Réalisé et je dois avouer que cela a été vraiment mon expérience avec la rencontre de Bernard : comme un puissant déclic qui en un éclair m’a fait entrevoir le côté caduque de mon fonctionnement qui ne pouvait mener qu’à l ‘échec et il s’est installé alors instantanément une FOI, une CONFIANCE, qui m’a fait passer à un autre état de conscience, à partir duquel ma détermination a pu se mettre en place avec plus de justesse.
Mais cette rencontre ne se décide pas et n’en faisons pas à nouveau une condition « sine qua non » pour un changement de niveau de conscience.

De nombreuses situations de la vie peuvent nous apporter ces déclics et nous faire rectifier le cap : c’est à nous qu’il revient d’être attentifs pour ne pas passer à côté d’un enseignement de la vie.

Le premier pas important me semble être de laisser place à l’observation de ce qui est ,ce qui suppose de provoquer « un arrêt »( tiens au passage, n’est ce pas la définition même de la méditation : s’arrêter et regarder les choses telles qu’elles sont et ne pas vouloir de suite les rendre autres ?)

Si l’oiseau de notre cage s’était arrêté : primo il aurait été moins épuisé et secundo il aurait de suite aperçu l’ami qui venait lui ouvrir la cage plutôt de que de tourner en rond d’une manière effrénée.

Voir les choses telles qu’elles sont ne veut en aucun cas dire que l’on se résigne mais qu’au contraire on met son corps et son esprit dans les meilleures dispositions pour agir avec justesse.

La solution d’une difficulté ne sort pas de la tension angoissée mais elle peut trouver place en revanche dans un être pacifié . Comme on ne sait pas de quelle côté la solution va venir il est nécessaire d’être dans un état de réceptivité et de confiance en ses propres potentialités : « oui d’un certain côté je suis angoissé et je suis dans telle situation délicate MAIS JE NE SUIS PAS QUE CELA !»

Quelque soit notre niveau de recherche il est bon de savoir que réside en nous au-delà de toutes nos complications, une zone de paix éternelle qui ne demande qu’à être découverte si nous nous en accordons la possibilité.

Comme le disait si bien Ramana : la nuit nous ne nous posons pas tellement de problèmes et tout l’ensemble corps-esprit fonctionne sans qu’il y ait aucune volonté obstinée de notre part , le corps et l’esprit se reposent et comme l’ont constaté beaucoup de gens il se trouve que parfois au réveil, après une bonne nuit de repos ,on trouve soudainement la solution à un problème qui la veille au soir était resté insoluble…………………..

Entre les deux extrêmes que sont la résignation et l’obstination qui mènent tous les deux à l’échec douloureux, réside une voie médiane qui laisse toute sa place à l’expansion de la détermination joyeuse à aller vers le Bonheur.
Les exemples d’Élisabeth de la Trinité, de Ramana, de Bernard, de ma Ananda Mayi nous montrent avec évidence que le cheminement est déjà en lui-même porteur d’une joie profonde .

Si votre cheminement ne vous fait pas exulter, s’il vous rend triste, c’est le signe évident que vous vous êtes trompés de route.

Quelle merveille que la Vie de chercheur sans obstination délétère !