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Amour jusqu’à son dernier souffle!

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elisabeth4

Élisabeth jusqu’aux derniers instants ne se départit pas de sa force d’Amour et montre un véritable Bonheur à aller rejoindre Celui qui a animé sa vie, en même temps d’une manière très touchante elle fait tout ce qu’elle peut pour obéir à sa Mère supérieure en s’efforçant de faire quelques pas malgré ses douleurs énormes. Constant témoignage d’Amour et une joie à mourir qui n’a rien à voir avec un côté doloriste malsain.

Elle dit d’ailleurs à un moment qu’elle n’aime pas la douleur en elle-même mais qu’elle ne l’accepte avec joie quand elle se présente que parce qu’elle lui permet d’être encore plus conforme au modèle édifiant qu’elle s’est choisi et qui en l’occurrence est le Christ puisqu’elle est carmélite.
Ne nous privons donc pas sous prétexte que nous ne sommes pas Chrétiens d’un exemple aussi édifiant, sachons lire au-delà des lignes en ressentant la force du « fond »bien au-delà de la « forme », et adaptons la richesse de ce texte en le rapportant à nos vies et à nos propres modèles édifiants si nous en avons d’autres.
Pour certains ce sera le Bouddha, ou tel Maître renommé ou inconnu, qu’importe, l’important étant notre propre transformation et l’aide qui peut nous être apportée pour notre cheminement.

 

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Lettre juste après avoir failli mourir en Mai 1906 et s’être rétablie :

Je ne sais si l’heure est venue pour moi de « passer de ce monde à mon Père »mais il m’attire bien fort ! A vous qui avez toujours été mon confident, je sais que je puis tout dire : la perspective d’aller voir Celui que j’aime en son ineffable beauté, et de m’abîmer en cette Trinité qui fut déjà mon ciel ici-bas me met une joie immense dans l’âme.
Oh ! Qu’il m’en coûtera de revenir sur la terre ; elle me paraît si vilaine en sortant de mon beau rêve. Il n’y a qu’en Dieu que tout est pur, beau et sain .
HEUREUSEMENT QUE DÈS L’EXIL NOUS POUVONS DÉJÀ DEMEURER EN LUI !
Pourtant le bonheur de mon Maître suffit pour faire le mien et je me livre à Lui pour qu’il fasse en moi tout ce qu’il désire

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4 mois avant sa mort :

Mon estomac est toujours récalcitrant à la nourriture, mais figure toi que je commence à marcher ; je n’en reviens pas car je ne suis pas plus forte qu’avant où je ne pouvais pas même m’asseoir.

L’autre jour quand notre Mère(la supérieure) est venue, je me sentais très fatiguée et je lui dis que je m’en allais(dans le sens de mourir) ; elle me répondit qu’au lieu de dire cela, je ferais bien mieux d’essayer de marcher. J’aime tant lui obéir ! Quand je fus seule, je fis des essais sur le bord du lit, cela me faisait bien mal ; j’ai prié sœur Thérèse de l’enfant jésus non pas de me guérir mais de me donner des jambes et j’ai pu marcher.

Si tu me voyais comme une bonne vieille courbée sur son bâton, tu rirais bien. Notre bonne Mère me conduit à son bras sur la terrasse ; je suis toute fière de mes allées et venues ; il me tarde de donner une représentation, tu rirais bien pour sûr, car je suis bien drôle et je me réjouissais de t’annoncer cette bonne nouvelle pensant qu’elle te ferait bien plaisir.

Ne pleure pas sur ta Sabeth, le bon Dieu te la laissera encore un petit peu et puis au ciel ne sera-t-elle pas toujours penchée sur sa mère, cette mère si bonne et qu’elle aime toujours plus
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Un mois avant sa mort(lettre à sa mère):

Je prends goût à mon cher calvaire et je demande au Maître d’y dresser ma tente à côté de la sienne..Je suis occupée de la Passion et quand on voit tout ce qu’il a souffert pour nous dans son cœur, dans son âme et dans son corps, on a comme un besoin de Lui rendre tout cela ; il semble que l’on voudrait souffrir tout ce qu’il a souffert.
JE NE PEUX PAS DIRE QUE J’AIME LA SOUFFRANCE EN ELLE-MÊME, MAIS JE L’AIME PARCE QU’ELLE ME REND CONFORME A CELUI QUI EST MON ÉPOUX ET MON AMOUR.
Oh ! Vois-tu, cela met dans l’âme une paix si douce, une joie si profonde, et on finit par mettre son bonheur dans tout ce » qui est contrariant
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A sa mère supérieure un mois avant sa sa mort :

Votre petite louange de gloire ne peut dormir, elle souffre, mais dans son âme, encore que l’angoisse y passe, il se fait tant de calme, et c’est votre visite qui est venue apporter cette paix du Ciel.
Son petit cœur a besoin de vous le dire, et dans sa tendre reconnaissance il prie et souffre incessamment pour vous !
Oh ! Aidez-moi à gravir mon Calvaire ; je sens si fort la puissance de votre sacerdoce sur mon âme, et j’ai tant besoin de vous.

Ma Mère je sens mes Trois si près de moi ; je suis plus accablée par le bonheur que par la douleur : mon Maître m’a rappelé que c’était ma résidence et que je ne devais pas choisir mes souffrances ; je me plonge avec Lui en la douleur immense, avec toute crainte et angoisse.
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Quelques jours avant sa mort :
L’heure approche où je vais passer de ce monde à mon père, et avant de partir je veux vous envoyer un mot de mon cœur, un testament de mon âme. Jamais le cœur du Maître ne fut si débordant d’Amour qu’à l’instant suprême où il allait quitter les siens !

Il me semble qu’il se passe quelque chose d’analogue en sa petite épouse au soir de sa vie et je sens comme un flot qui monte de mon cœur jusqu’au vôtre !…
Chère Antoinette, à la lumière de l’éternité, l’âme voit les choses au vrai point.

Oh ! Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide !
Je vous en prie marquez tout avec le sceau de l’Amour ! Il n’y a que cela qui demeure !

Que la vie est quelque chose de sérieux : chaque minute nous est donnée pour nous enraciner plus en Dieu, selon l’expression de Saint Paul, pour que la ressemblance avec notre divin Modèle, soit plus frappante, l’Union plus intime ;

Mais pour réaliser ce plan qui est celui de Dieu Lui-même, voici le secret : s’oublier, se quitter, ne pas tenir compte de soi, regarder au maître, ne regarder qu’à Lui, recevoir également comme venant directement de Son Amour, la joie ou la douleur ; cela établit l’âme sur des hauteurs si sereines !….

Mon Antoinette aimée, je vous laisse ma foi en la Présence de Dieu, du Dieu tout Amour habitant en nos âmes.
Je vous le confie : c’est cette intimité avec Lui « au-dedans »qui a été le beau soleil irradiant de ma vie, en faisant déjà comme un ciel anticipé ; c’est ce qui me soutient aujourd’hui dans la douleur.
Je n’ai pas peur de ma faiblesse, c’est elle qui me donne confiance, car le Fort est en moi et sa vertu est toute-puissante, elle opère dit l’apôtre au-delà de ce que nous pouvons espérer.

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Il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même.

Il Me semble que maintenant je vois toutes choses à la lumière du bon Dieu, et si je recommençais ma vie, oh ! Comme je voudrais ne plus perdre un instant !

Il ne nous est pas permis, à nous, épouses au Carmel, de faire autre chose que de l’Amour, que du divin, et si par hasard du sein de la lumière je vous voyais sortir de cette unique occupation, bien vite je viendrais vous rappeler à l’ordre ; vous voulez bien n’est-ce pas ?

 

Ses dernières paroles intelligibles furent:

JE VAIS A LA LUMIÈRE, A L’AMOUR, A LA VIE!