Dialogue informel mais édifiant avec un Être Réalisé. Partie 1 : L’individu n’a pas à changer !

Dans les temps qui viennent je vais consacrer mon énergie à transmettre sur ce site ce que j’appelle un dialogue informel et édifiant avec un Être réalisé. En effet au cours des années j’ai vécu ces entretiens avec Bernard sur de longues heures et je dois dire qu’ils m’ont totalement transformé, bouleversé et qu’à chaque fois que je les relis j’y vois des choses que je n’avais pas vues à l’époque. Bernard répète d’ailleurs souvent et à juste titre qu’il faut lire et relire cent fois les paroles importantes car notre compréhension, notre ouverture de conscience s’approfondit à chaque lecture.Il est très délicat de retransmettre ce genre de dialogue car comme le dit Bernard dans ce qui suit : l’Être réalisé n’a aucun enseignement et c’est ce qui désoriente parfois les chercheurs qui soulèvent des contradictions dans les paroles de Ramana ou d’autres. Les paroles sont émises à un moment donné pour un auditeur donné . Cependant il serait dommage de garder sous le boisseau certaines lumières fulgurantes qui , même détournées de leur origine , peuvent aider le chercheur sérieux à un certain niveau. On se sent redevable à un  moment ou à un autre des richesses que l’on a reçues en partage, et l’on est fort conscient qu’elles ne nous appartiennent pas. Comme dans la parabole de l’évangile on se décide à ce moment-là de jeter les graines au vent, ne sachant pas si elles vont tomber sur un terrain fertile, des pierres ou des ronces. Peu importe , cela ne nous appartient plus. C’est dans ce sens que je vais publier ces extraits, les expurgeant bien entendu de tout ce qui peut-être trop personnel et intime . Que cette nourriture aille à la rencontre de ceux qui en ont besoin : tel est mon voeu le plus cher . je sais l’Amour de Bernard tellement grand qu’il peut toucher à distance même les coeurs les plus endurcis.On se rendra compte que comme il le dit souvent :
«Ça c’est du vrai ! », on n’est pas dans le domaine des ratiocinations non-duelles, il n’y a pas un projet de convaincre en quoi que ce soit, simplement l’expression spontanée et qui vient du coeur d’un Être qui a dépassé les limites de son petit « je ».
Je n’ajouterai aucun commentaire à ces extraits qui parlent d’eux-mêmes : j’ai même conscience que le titre que je suis obligé de mettre pour différencier les extraits est très réducteur vu la diversité des points abordés en quelques instants . Bernard dit souvent « qu’il ne pense pas » et que les paroles sortent comme cela face à son auditeur. D’ailleurs au cours des entretiens il s’arrête régulièrement pour me demander si ce qu’il dit est compréhensible, et demande que je le force à approfondir tel ou tel point car il n’y a rien de logique dans tout cela, seulement le jaillissement  à partir de son expérience. Nous avons du mal à le concevoir et croyons souvent que l’Être réalisé a un plan bien précis en tête. Ce n’est aucunement cela mais on a affaire à une parfaite spontanéité .Comme il le dit : « Pas question d’être rassuré chez moi : c’est le feu sans la lance à incendie ! »

 

A : Oui en fait comme tu dis ce n’est pas le bonhomme bernard qui a réalisé………..
Bernard :(Sur un ton un peu las de l’incompréhension des gens) : Mais bien sûr que non ! C’est ce que les gens ont du mal à comprendre. Quand je dis ça ils me disent « oui d’accord ! ».Mais en fait ils n’ont pas entendu, tu vois ! Parce que l’on n’est pas habitué, on a tellement entendu autre chose. Moi je me rends compte avec cette éducation que j’ai eu : j’y croyais moi, c’est des grands qui me parlaient : on me promettait le paradis : ça a changé de nom mais en fait c’est vrai ! Mais les gens ne le savent pas. Que les gens ne parlent pas de ce qu’ils ne vivent pas : ce serait super quoi ! Ça ferait déjà moins de livres ! Au lieu de 10 il n’y en aurait plus qu’un. Je vois que sur les 3000 livres que j’ai il y en a 15 qui sont intéressants : le reste ce sont des gens qui disent ce qu’ils pensent, ce qu’ils envisagent, ce qu’ils croient mais pas ce qu’ils ont vécu. Et là on nous trompe quoi ! On nous trompe déjà en politique, mais là c’est normal car ce sont des êtres humains qui veulent des postes, mais nous on ne veut pas un poste (normalement !!).
Parce que là sans arrêt en ce moment on me dit : « Qu’est-ce que tu penses de cela ? »-va voir sur tel site et dis-moi ce que tu en penses.
Et comme je n’ai pas la langue de bois, je dis ce que je pense, c’est souvent dur ! Si on me demande mon avis il faut me laisser le donner.
Je ne dis pas que c’est la Vérité encore une fois, mais : mon expérience me fait dire cela. Et puis il y en a d’autres qui disent des trucs dont on est sûr que ce n’est pas possible : un être réalisé ne peut pas dire cela.
Mais ça ne plait pas, les gens voudraient entendre ce qu’ils ont envie d’entendre, l’être humain est comme cela mais dans notre recherche ce n’est pas possible. Il n’y a pas de concessions possibles là-dedans non, non !
A : Un des points que je ressens de plus en plus fortement en ce moment c’est que ça ne se passe pas justement au niveau de l’individu !
B : Non effectivement, mais il est là ! C’est cela qui est extraordinaire. Ça m’en fait des frissons que tu dises cela ! Mais c’est vachement important :
OUI IL N’Y A PAS À LE CHANGER MAIS IL EST LÀ !
A : Le SOI est en dehors et au-delà mais il est aussi cet individu………
B : Bien sûr……………Mais  même le mot SOI ne sert à rien ! Il y en a un qui m’écrit : « Je vais plonger dans le Soi ! »(Rires) c’est mignon quoi ! Je lui ai dit : « c’est mignon ton truc mais ça ne veut rien dire ! » Et puis dès que tu pousses un peu plus loin avec lui, il dit : « je crois que je n’ai pas la passion qu’il faut ! » et je lui ai dit : « Eh bien non : c’est sûr ! »
C’est comme toutes ces expressions… (avec désabusement) ! Il y a une multitude de trucs à enlever pour que ça rende le parcours plus simple, pas pour embêter.
Tiens : même Nisargadatta je l’ai engueulé hier en écoutant son enregistrement !
A : Ah bon ?
B : Oui pourquoi s’est-il laissé appeler Maharaj ? Pourquoi se laisse-t’il appeler Seigneur ? cela crée encore des difficultés supplémentaires !
A : C’est l’Inde !
B
: Oui je me dis c’est l’Inde : bon allez…C’est plutôt la base de la tradition (Pour reprendre un terme à toi ! (-rires- parce qu’Alain reste attaché à certaines valeurs de la tradition et Bernard le titille souvent sur ce point).Mais à ce niveau ce n’est guère acceptable.
Oui il faut aller au plus simple sans arrêt parce que c’est tellement simple.
A : Oui mais pourtant : je vais te provoquer
B : vas-y !
A : Le guru il existe !
B : Non !
A : Celui qui a réalisé avant toi il n’existe pas ?
B : Il n’y en aurait pas eu ça aurait été pareil ! Avec la détermination que j’avais ça aurait été provoqué de toutes les façons !
TOI SEUL EXISTE………
TOI SEUL EXISTE ! Même sans le guru il n’y a pas de problème !
Alors………… (Silence) Oui je dis cela maintenant et un autre jour ou à une autre personne je vais dire que : « oui il en faut un ! » ça dépend !
C’est toujours pareil quand on me parle de l’enseignement de Ramana ou d’un autre je dis : « Ils n’ont pas enseigné ! ».Ils me disent : « Ramana dit » mais je réponds : « il ne l’a pas dit à toi, il a dit cela à cette dame là et toi tu aurais pu avoir une réponse complètement différente. »
Ça n’enseigne pas un être réalisé : CE N’EST PAS POSSIBLE (sur un ton appuyé !)
D’abord son corps ne tiendrait pas parce que………… (Hésitation)……Ce n’est pas pour tout le monde ce que je vais dire : si un être réalisé fait une conférence on va dire qu’il en fait deux , tellement le corps est sollicité. Tout est dans le corps déjà !…..C’est inexplicable ce truc là mais c’est vrai que ça se passe comme cela. Donc ce n’est pas possible déjà…………… (Silence) Je ne sais pas si ça peut aider, recentre moi parfois !
A : Oui mais j’aime bien aussi quand tu dis des choses comme cela spontanément…….
B :  J’aime bien le sommeil profond ! Ramana en parlait beaucoup aussi et vraiment c’est l’exemple parfait :
Il n’y a pas de plus bel exemple que cette BASE où je n’ai pas conscience d’être et pourtant je ne suis pas mort !
De cette BASE surgit tous les matins la conscience dont on dit des tas de choses mais la conscience c’est tout simplement le cerveau, ce n’est pas un truc dans les nuages, extraordinaire, la conscience est dans le cerveau, elle se dégrade par exemple dans la maladie d’Alzheimer. Tout simplement elle apparaît et elle disparait, ça n’a rien d’extraordinaire mais pour l’individu c’est indispensable : si je n’ai pas conscience d’être je ne suis pas !
C’est la première chose qui apparait le matin ce sentiment d’être, la conscience arrive, je me sais exister, le processus mental dit : « Hop tu habites là ! » Et cela tout naturellement contrairement aux erreurs que l’on répand : « pourquoi y a-t-il l’erreur de l’identification ?  ». On entend de ces trucs !
Ce n’est pas une erreur : ça fonctionne tout simplement comme cela !
Je suis et ensuite le mental dit : « dans le corps » ensuite dans le monde qui apparaît car il apparaît quand j’en ai conscience et à un certain moment (espace-temps) qui n’existe que pour la vie individuelle du bonhomme mais JE PRÉEXISTE à cette apparition du matin dans LA BASE que l’on appelle LE SOI.
Si je suis conscient de LA BASE : j’ai réalisé ! Et cela ne peut se faire qu’à l’état de veille ! En gros c’est cela !
A : Seul un être réalisé peut-il comprendre pourquoi le SOI a besoin de se différencier en individus distincts ?
B : Il n’y a pas à parler de « besoin » : ça marche comme cela !
Ce n’est pas pour quelque chose. C’est simplement la nature des choses.
Non, non ce n’est pas un besoin :
le monde existe pour rien, il n’y a aucun but, il n’y a rien de tout cela.
A : Il n’y a aucun but ?
B : Non il n’y a même pas de monde ! (se reprenant vite).Non il ne faut pas que je dise comme cela parce que ça peut induire en erreur, je n’aime pas parler comme cela et dire qu’il n’y a pas de monde. Disons qu’il n’y a pas de monde distinct de la base. Celui qui apparaît le matin, il apparaît parce que j’en ai conscience : il dépend de moi en fin de compte.
A : Mais alors souvent tu dis : « tout est fonction de la conscience que l’on en a ! » (Approbation de Bernard) et d’autre part tu dis, et je pense que c’est important, «  qu’il faut voir les choses telles qu’elles sont ! »  (Approbation de Bernard) : ma question c’est comment un individu peut- il voir les choses telles qu’elles sont puisqu’il a comme je le dis souvent les « lunettes colorées de son karma, de ses conditionnements ? »(Bernard tressaute au mot « karma » en disant « pas de karma ! »)
B : Oui il faut voir les choses telles qu’elles sont et non pas en les interprétant sans arrêt. C’est une chose normale que d’interpréter. Oui : mais la bonne voie pour un chercheur c’est d’en prendre conscience (ce n’est ni bien ni mal en soi mais c’est gênant !)
Quelqu’un me disait encore l’autre jour : « il faut que j’accepte ! »
Pourquoi donc accepter ? Que tu acceptes ou pas qu’il pleuve : il pleut !
Que tu l’acceptes ou pas l’eau mouille !
plutôt que le terme accepter je dirais « faire avec ».
A : Donc il y a une Vérité unique ?
B : Non, non il n’y a pas de Vérité justement ! Il n’y a aucune Vérité. Il y a chacun la sienne. Personne n’a la même conscience.
A : C’est justement ça que je te demande : tu ne peux donc pas voir les choses telles qu’elles sont puisque chacun les voit à sa manière ?
B : Mais si, dans l’événementiel et dans la vie de l’individu : si ! Pourquoi veux-tu généraliser ? Ce n’est pas un tir groupé ! Toi tu vois les choses telles qu’elles sont à ta manière et selon ta conscience !
A : (appuyant) à MA manière ?
: Oui ! Pourquoi veux-tu une Vérité ? C’est simplement voir les choses telles que tu les vois sans se la pêter, sans se la jouer, sans s’imaginer quoi que ce soit en fin de compte.
A : Oui mais moi je n’ai pas confiance en ma perception dans la mesure où je sais qu’elle est conditionnée.
B : je ne comprends pas ce que tu veux dire !
A : Voir les choses telles qu’elles sont :
Par exemple deux personnes regardent une scène et chacune va la voir différemment.
B : Oui c’est tout le temps comme cela ! Et alors ?
A : Donc il n’y a pas une Vérité ?
B : Mais pourquoi tu voudrais que ce soit ainsi ? Que quelque part ça se rejoigne comme tout le monde ?
On croit souvent que l’on arrive à UNE VERITE comme ceci ou comme cela : non ! A part le fait d’ÊTRE : IL N’Y A PAS UNE GRANDE VÉRITÉ : ça n’existe pas. Et pour quoi faire encore une fois ? Pourquoi en faudrait- il une ?
A : ça nous rassurerait qu’il y ait quelque chose……………
B : Pas question d’être rassuré chez moi : Non, non ! C’est LE FEU SANS LA LANCE A INCENDIE !
A : Donc c’est quand même du relativisme ?
B : Non, non !
A : C’est la Vérité de chacun : ça pose un problème !
B : Pourquoi veux-tu utiliser le mot Vérité ? Tu vis un événement : tu le vis comme ça. Ensuite le mental colore. Regarde dans la vie les gens veulent vivre comme s’ils étaient éternels, parce qu’ils ferment les yeux, ils ne veulent pas voir et c’est peut être bien ainsi. Toutes les secondes il y en a un qui meurt de faim et ça n’empêche personne de dormir : heureusement ! Ce n’est pas de la faute à quelqu’un.
A : Mais alors quelle est la différence de la vision de l’être réalisé par rapport à l’être normal puisque l’être normal voit aussi les choses telles qu’elles sont ?
B :  Mais ça n’a rien à voir ! Telles qu’elles sont dans sa conscience à lui. Il n’y a pas une meilleure façon qu’une autre de voir les choses mais je les vois comme elles sont ! Cela veut dire………..Qu’est-ce que je pourrais prendre comme exemple ? Et bien tous les discours politiques faux-cul, tous les trucs où l’on parle pour s’arranger mais pas en respectant les choses telles qu’elles sont. Je n’ai pas d’exemple qui me vienne à l’esprit mais c’est sans arrêt. Aimer l’autre tel qu’il est et non comme on voudrait qu’il soit. On veut toujours transformer tout en fin de compte.
Donc le mental, il colore tout cela, il en rajoute, il adapte. Dans la vie de tous les jours il se dit : « ici c’est pas mal la vie ! » alors qu’en vrai c’est nul quoi ! Voilà la Vérité ! La vie est complètement nulle, celui qui dit le contraire ne voit pas les choses comme elles sont. Tu viens sur terre, t’en baves, t’es malade, tu te maries, tu peux divorcer, tu perds la personne que tu aimes le plus au monde et finalement tu finis dans ta caisse. S’il y avait un scénariste là (mode de jeu agressif). Fort heureusement il n’y en a pas ! C’est nul, c’est complètement nul !
C’est bien pour cela que l’on cherche autre chose.
Je pressentais qu’il y avait autre chose que j’appelais Dieu à l’époque ou le paradis : bonne nouvelle c’est vrai : pas comme on nous l’a dit mais c’est vrai. Autrement c’est nul. C’est un exemple pour montrer que l’on ne voit pas les choses comme elles sont quoi ! Tout le monde s’en arrange.
A : Donc l’être réalisé lui, il ne fait plus de projections ?
B : Et bien moi je ne suis plus dans l’espace-temps et encore je ne dis jamais cela car ça ne veut rien dire lorsque l’on parle à quelqu’un ! Si je me mets à parler comme cela on va m’enfermer (rires)
A : Et si l’on n’est plus dans l’espace-temps c’est que l’on est tout quoi ? Tu es tout ?
: (un peu hésitant) Ah…c’est……oui ! Comme dit Nisargadatta et ça m’avait choqué au départ car j’étais encore un peu chrétien :
« JE SUIS TOUT ET CONTRAIREMENT A VOUS DANS LA CERTITUDE »
Je me disais : «  Il est fou celui-là (rires) » « il se prend pour tout ! »
Mais c’est vrai ! JE suis tout avec un J majuscule. Rien d’autre n’existe que toi. Il n’y a que toi qui peut dire j’existe. Le monde et le soi-disant Dieu ne peuvent pas dire cela. Ils n’existent pas, ils apparaissent dans le champ de ta conscience parce que tu en as une.
Après si on veut parler de différences : ça n’a plus rien à voir !
C’est le « tombé de scène » comme je l’appelle. Et comme je le répète souvent je n’ai jamais cru que ça pouvait être pour moi, parce que je pensais qu’il fallait être en orange (allusion à la robe des swamis), je ne suis même pas allé en Inde. Tout cela ce sont des idées préconçues que j’ai eues aussi : qu’est-ce que j’ai pu dire comme bêtises. On se fait des tas d’idées sur des conditions à remplir et je témoigne tout ce que je peux, avec tout ce qui me reste de force, que bien entendu il n’y a pas de conditions à remplir, il n’y a pas une ordonnance à suivre, il n’y a rien, par contre une DETERMINATION EXCEPTIONNELLE, je suis pénible avec cela.
A : C’est une forme d’exigence alors ?
B : Non c’est la seule condition et c’est ce qui manque le plus.
A : je t’ai entendu dire souvent que « c’était quand même pas mal les ascèses ! »
B : Oui mais c’était mon chemin. Ça me permet de dire aux gens : « Ne faîtes surtout pas cela ! ». C’était mon chemin, il n’y a pas encore une fois : « Le » chemin et le mien devait passer par là. Je ne parle pas de karma et de tout le bazar, je m’en fous de tout cela. On n’expérimente pas du tout cela. En fait mes exemples étaient des fous : marie madeleine de Pazzi, les pères du désert, des cinglés quoi ! Comme je disais souvent : « ça passe ou ça casse et j’ai eu les deux ! ».
Oui ce qui manque le plus c’est la passion. Il y a des gens qui me demandent comment avoir la passion : je tombe du quinzième moi quand j’entends cela ! Ou « Comment augmenter le feu ? » Hier encore j’ai eu une liste de questions qui m’ont mise en colère : des questions bêtes, stupides, curieuses. Comment peut-on se poser de telles questions, qui en plus ne peuvent pas faire progresser le chercheur ? Non j’ai voulu témoigner pour dire que c’est vrai, tu te rends compte, tout ce que j’ai cru et pensé et puis qu’il n’y a pas à devenir Ramana, surtout que j’étais le plus grand pêcheur de la planète capable de tout. C’est pour cela que je faisais tant d’ascèses.
Et bien non : on n’a pas à devenir quelqu’un, il n’y a pas à changer l’individu.
Notre vraie nature qu’on appelle le Soi et que j’aime appeler LA BASE, BONHEUR, AMOUR, ÊTRETÉ, ce n’est pas un état en devenir. Alors pourquoi ne le voit-on pas ? En effet sans arrêt il y en a plein qui nous serinent : « c’est déjà là gna gna gna gna ». Mais le mental ne peut pas le voir, l’envisager, le comprendre parce que le processus mental ne connait que l’état dans lequel il vit : l’état de veille. Depuis son réveil jusqu’au sommeil profond il ne connait que cela. C’est pour cela que je dis que quand on cherche l’ego lui il s’écrie : « je suis là ; je suis là »…Et bien non ; je pressens autre chose que lui ne peut pas entendre, il ne sait pas, il ne sait même pas que la conscience l’observe.
J’aime bien cette différence entre le mental qui gère les affaires du jour on va dire, les événements antérieurs et j’en suis conscient (appuyé) grâce à cela. Si ça se détériore à ce niveau d’ailleurs ça ne va plus du tout d’ailleurs.
Donc la conscience l’observe et lui ne sait pas qu’il est observé.
Et le paradoxe bien entendu c’est que l’individu cherche avec les moyens dont il dispose et c’est le mental, les cinq sens et ce n’est pas un problème, ce n’est pas mal.
Il faut qu’il y ait ce pressentiment sinon je ne sais pas comment je pourrais rechercher quelque chose que je ne pressens pas : plus ou moins mais il faut qu’il y ait un pressentiment. « Ah ! il doit bien y avoir autre chose, c’est pas possible autrement ».
Ceci est LA GRANDE QUESTION et on ressent cela soit intellectuellement soit par nature, ça dépend des personnes, mais les gens se rendent bien compte que l’on ne peut pas faire les choses à moitié dans ce domaine. Nisargadatta le dit bien : «  C’est facile si vous êtes fervents totalement impossible si vous ne l’êtes pas ! » et Ramana dit de même. Alors parfois ils disent des trucs contradictoires que l’on me rapporte à ce sujet, mais comme je le dis c’est par exemple qu’ils ont dit une seule fois à cette dame de laisser tomber sa recherche parce qu’il fallait qu’elle entende cela ce jour-là ! Parce que je vois bien moi quand une question est posée qu’il y a ce qu’il faudrait que le questionneur entende et puis ce qui serait bon qu’il entende VRAIMENT ! Mais il n’y a pas d’erreur. Non seulement il n’y a pas de chemin, ni d’idéal mais il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas une erreur à s’identifier, il n’y a pas à maitriser les sens, ni le plaisir qui serait mal. Et bien non ! Heureusement qu’il y a du plaisir. On n’aurait droit qu’aux douleurs et l’on n’aurait pas droit aux plaisirs. Non mais ! Leur Dieu il faudrait que je lui dise trois mots ! Comme je le dis souvent : «  si votre Dieu existe, amenez-le-moi, je veux bien me battre avec lui. »