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“Bouscule ton orgueil, brûle ton arrogance!”

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Dans ce merveilleux passage, le cantique des oiseaux nous invite à l’humilité.
Quand on jette un coup d’œil sur toutes les publications « spirituelles » de notre époque, quand on surfe quelque peu sur internet dans ces domaines, on est frappé de constater que le flot des paroles est souvent inversement proportionnel à la qualité d’Être de ceux qui les émettent.
Époque médiatique, où s’épanchent les narcissismes les plus sournois.
Soyons clairs , nul n’est à l’abri de ces dérives et tout chercheur sérieux doit à chaque instant évaluer la sincérité de son engagement, et se demander s’il fait vraiment tout ce qu’il peut.
Bernard m’a dit, parlant de sa recherche, que constamment il avait l’impression de ne jamais assez en faire.Et je pense que c’est une attitude saine, car nous sommes si  souvent auto-satisfaits à bon compte.

Il ne s’agit donc pas de se vanter du peu que l’on a fait mais de se demander ce que l’on pourrait faire de plus.

Ce passage du cantique des oiseaux illustre magnifiquement cette question en montrant que seulement “parler d’Amour” ne suffit pas, les beaux discours ne sont presque jamais la garantie d’un vrai et fort engagement………

Un autre oiseau encore s’avança et lui dit :
« Pour moi tant que je vis rien ne vaut Son Amour
Je me suis détaché de tout et je L’attends
Et sans cesse je chante mon amour pour cet Être
J’ai vu toutes les autres créatures du monde
Mais à qui me lier, moi qui ait tout coupé ?
A moi cette passion amoureuse suffit
Surtout qu’elle n’est pas l’affaire du tout-venant

Dans l’Amour de l’amour j’ai mis toute ma vie
Pourtant cette vie même n’est pas de mise ici
Il est temps sur ma vie de tirer un grand trait
Puis de boire en l’honneur de la Source de Vie
D’éclairer mon regard par la vue de Sa face
Et d’enlacer l’union d’une étreinte amoureuse

La huppe répondit : jamais la vantardise
Ne fera de quiconque le compagnon intime
Ne te vante donc pas d’être de ses amants
Car personne jamais ne pourra y prétendre
Sauf si souffle le vent qui soulève les voiles
le doux vent qui apporte une heureuse fortune

C’est alors que LE SOI t’attirera à lui
Et te fera asseoir, élu, tout auprès de lui
C’est dans ce lieu intime que tu pourras peut-être
Prétendre à cela même qui constitue l’Essence
L’amour qui vient de toi est un poids qui te pèse
Mais l’Amour du Soi peut seul te libérer.

Si et seulement si ton amour vient de Lui
Tu peux prétendre aimer au sens plein de ce terme
Mais l’amour qui émane de ta propre personne
Sache qu’il ne mérite que d’être refusé.

Mais ce n’est pas l’affaire de tout un chacun
de se couper de soi et mourir à soi-même.

La lumière que tu as est ton feu, en chemin
Ce que tu as goûté n’est qu’imagination
Tes extases, ta pauvreté, pure illusion
Tout ce dont tu te flattes est un rêve impossible

Ne sois pas aveuglé par cette pauvre lumière
Ton ego vient de toi, il faut prendre conscience !
Avec un tel ennemi, équipé d’un tel glaive
Peut-on jamais sentir quelque sécurité ?

Si venant de l’ego une lumière te vient
Elle sera en ton âme du venin de scorpion
Cette lumière impure ne doit pas t’aveugler
Tu n’es pas le soleil, accepte d’être atome !

Sache que sur ce chemin il te faut éviter
D’être désespéré face à l’obscurité
mais aussi de te croire, pour avoir entrevu
Un rayon de lumière, l’égal du soleil.

Tant que tu es plongé dans l’orgueil de toi-même
Prendre ou bien rejeter n’a aucune valeur
Quand tu pourras sortir de cette illusion d’être
Alors tel un compas, tournant autour du centre
Toutes les sphères de l’Être tourneront vers ton être

Mais si tu gardes en toi la moindre illusion d’être
Tu n’auras au non-être, alors, aucune part.
Et tant que tu voudras affirmer que tu es
Sache que cent tourments viendront te faire ployer.

Tant que tu garderas cet orgueil insensé
Tu resteras très loin, loin de la vérité
Bouscule ton orgueil, brûle ton arrogance
Ton ego est au centre : mets le feu à ce moi !

Tu changes à chaque instant de couleur et de forme
Mais dans toutes tes fibres, un Pharaon est là
tant qu’il reste de toi un atome de toi-même
Tu seras dans ton être hypocrite au centuple

Si tu savais te mettre à l’abri de ton moi
Même au cœur de la nuit, tu aurais la lumière

Si tu laisses en toi-même , même un cheveu d’ego
Tu es un infidèle et non un serviteur

Le chemin ne s’éploie que dans l’inexaucé
Pour les hommes du Vrai, la honte est la vraie gloire
Car si les vœux s’exaucent au long de cette Voie
Apparaissent aussitôt cent « moi » de toutes parts.

Un homme sage et pur disait : « Pour le novice
Mieux vaut être immergé dedans l’obscurité
Ainsi, il se perdra dans l’océan divin
Son ego cessera de croître et de s’étendre
Car si une vision soudain se présentait
L’orgueil le saisirait et l’infidélité

 

Si ce qui fait pour toi obstacle sur la Voie
Est une chose infime, cela ne change rien
L’obstacle est un obstacle, qu’il soit paille ou montagne !

Voici ci- après allant dans le même sens cette merveilleuse et terrible histoire du Roi et du mendiant :

Il y avait en Égypte un roi très renommé
Dont un pauvre manant tomba fou amoureux.
Lorsque le souverain eut vent de cet amour
Il manda l’amoureux égaré et lui dit :
« Puisque tu es épris du roi tu as le choix :
Ou tu quittes la ville et laisse ton pays
Ou tu t’apprêtes à avoir la tête tranchée.
Pour prix de ton amour ainsi va ma sentence !
Alors que choisis-tu ? L’exil ou bien la mort ? »

Cet amant n’était pas un homme de la Voie
Il choisit donc l’exil, malheureux qu’il était
Et le roi ordonna qu’on lui tranchât la tête !

Un chambellan intervint en disant :
« Pourquoi le faire tuer puisqu’il est innocent ? »
Et le roi répondit : « Il n’est pas amoureux !
Et son amour pour moi, de fait n’est pas sincère
Car s’il avait été un véritable amant
Il aurait fait le choix de mourir devant moi.

Qui préfère sa vie à la Vie de la vie
Au nom même de l’Amour devra payer le prix.
S’il m’avait demandé de lui trancher la tête
Moi j’aurais fait de lui le roi de ce royaume
J’aurais ceint ma ceinture pour pouvoir le servir
Et me soumettre à lui, moi qui suis roi du monde !

Mais son Amour n’était qu’une prétention vaine
Il fallait sur le champ lui faire trancher la tête.

Qui préfère partir pour conserver sa tête
N’est qu’un faux amoureux par trop impur encore.
Et j’ai donné cet ordre afin de faire comprendre
A tous ceux qui sans cœur prétendent à mon Amour
De ne plus se targuer de ces mensonges vains.