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Texte intégral et fac-similé de la prière d’Élisabeth.

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écrit de sa main le 21 Novembre 1904.

Du 12 au 21 Novembre 1904 le Père Fages, un dominicain vint prêcher une retraite au carmel de Dijon, à laquelle participa Élisabeth.
Après sa mort on eut la surprise de trouver dans ses papiers une prière écrite de sa main datée justement de ce 21 Novembre jour de fin de retraite et jour pour les carmélites de la rénovation de leurs vœux. Élisabeth a confié que ce jour, là elle avait reçu une grande grâce qu’il lui était difficile d’exprimer mais cependant ne dit rien à personne(pas même à sa prieure ou à son confesseur) de l’écriture de cette prière. Elle n’en parla absolument pas jusqu’à sa mort et c’est dans son pupitre et ses papiers intimes qu’on la trouva écrite de sa main sur une feuille arrachée d’un carnet.
Ce texte à mon sens n’en a que plus de valeur car il vient de l’intimité profonde du cœur d’Élisabeth, il n’était pas fait pour être lu, contrairement à d’autres lettres ou écrits elle ne l’a confié à personne, il constitue ainsi l’essence de sa recherche et de son cheminement et de ce fait inspire un profond respect.

Une fois de plus concernant la lecture d’Élisabeth: je mets en garde le lecteur avec bienveillance de  ne pas se laisser emporter par ses conditionnements mentaux, et je le supplie d’oublier la forme très datée dans laquelle s’inscrit Élisabeth(carmel fin du dix neuvième siècle!) pour se brancher SUR LE FOND ET LA PASSION DE CETTE JEUNE FEMME. J’ai vraiment constaté que notre époque était énormément axée sur la forme extérieure et la séduction apparente et pourtant les êtres spirituels les plus véridiques ne sont pas nécessairement les plus avenants et ceux qui flattent notre ego!

Il nous faut retrouver de toute urgence la lecture avec LES YEUX DU CŒUR pour goûter au mieux les merveilles transmises par ces êtres qui ne rayonnent plus par eux-mêmes mais par la lumière qui les traverse.Élisabeth est un de ces spécimens devenus si rares………………..

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore :
aidez-moi à m’oublier entièrement
pour m’établir en Vous,
immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l’éternité :
Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous,
ô mon Immuable,mais que chaque minute m’emporte
plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos :
Que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là toute entière,
toute éveillée en ma foi,tout adorante,
toute livrée à votre Action créatrice.

Ô mon Christ aimé, crucifié par amour,
je voudrais être une épouse pour votre Cœur,
je voudrais vous couvrir de gloire,
je voudrais vous aimer ……..jusqu’à en mourir!
Mais je sens mon impuissance et
je Vous demande de me « revêtir de Vous-même »,
d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme,
de me submerger, de m’envahir, de Vous substituer à moi,
afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur,
comme Réparateur et comme Sauveur.

Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu,
je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de Vous,
puis à travers toutes les nuits, tous les vides,
toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et
demeurer sous votre grande lumière,
Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse
plus sortir de votre rayonnement.

Ô Feu consumant, Esprit d’amour, survenez en moi,
afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe ,
que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout Son Mystère :
Et vous ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature,
« couvrez-là de votre ombre », ne voyez en elle que « le Bien-Aimé en lequel
vous avez mis toutes vos complaisances. »

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude,
Solitude infinie, Immensité où je me perds,
je me livre à Vous comme une proie,
ensevelissez-vous en moi,
pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant
d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

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