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Le secret du Bonheur!

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Dans les lignes qui suivent j’ai opéré une sélection dans les différentes lettres d’Élisabeth afin d’en dégager ce qu’elle appelle elle-même son secret du Bonheur qui d’une manière ou d’une autre comprend deux points essentiels : l’intimité, l’Union avec la divinité et l’oubli de soi qui sont interdépendants pour elle.
On sent dans l’enthousiasme de ses paroles que ce bonheur est pour elle bien réel et qu’elle vit déjà sur cette terre comme elle le dit d’ailleurs à plusieurs endroits de son œuvre : un Ciel anticipé.

Mais elle montre également avec clarté et force que ce bonheur ne tombe pas du Ciel justement, qu’il est le fruit des efforts du chercheur, surtout au début quand les pulsions sont encore bouillonnantes et nous dévient sans cesse de notre but.

Elle décrit là à sa manière l’ascèse nécessaire, non pas une ascèse mortifère mais des efforts qui se mettent en place d’eux-mêmes grâce à l’Amour et la détermination qui nous portent. La dimension du Cœur revient sans cesse dans ses dires, rien de froid, d’abstrait, de contraignant : tout est accompli au nom de l’Amour et par l’Amour.
Il est nécessaire comme elle le dit si joliment de construire une petite cellule au dedans de son âme ! On arrive ainsi dit-elle à transformer les actes les plus ordinaires en actes divins.

 

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Il faut s’aimer au dessus de tout ce qui passe, alors rien ne peut plus séparer. Aimons nous comme cela ma Guite (sœur d’Élisabeth), aimons-le surtout Lui!
Et la méditation ? Je te conseille de simplifier tous tes livres, de te remplir un peu moins, tu verras que cela est bien meilleur.Prends ton Crucifix, regarde, écoute. Tu sais que c’est là notre rendez-vous, et puis ne te trouble pas quand tu es prise comme maintenant et que tu ne peux faire tous tes exercices : on peut prier le bon Dieu en agissant, il suffit de penser à Lui.
Alors tout devient doux et facile, puisque l’on n’est pas seul à agir…..
Que le bon Dieu apprenne à ma petite Guite le secret du Bonheur : il consiste dans l’Union, dans l’Amour !…
N’être plus qu’ « UN » avec lui, c’est avoir son Ciel dans la foi en attendant la vision du face à face !……
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Nous portons notre Ciel en nous puisque celui qui rassasie les glorifiés dans la lumière de la vision se donne à nous dans la foi et le mystère, c’est le Même !
Il me semble que j’ai trouvé mon ciel sur la terre puisque le Ciel c’est Dieu, et Dieu c’est mon âme !
Le jour où j’ai compris cela, tout s’est illuminé en moi et je voudrais dire ce secret tout bas à ceux que j’aime afin qu’eux-aussi, à travers tout, adhèrent toujours à Dieu, et que se réalise cette prière du Christ : « Père, qu’ils soient consommés en l’Un ! »
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Ah ! Si je pouvais t’apprendre le secret du Bonheur comme le bon Dieu me l’a appris. Tu dis que je n’ai ni soucis, ni souffrances ; il est vrai que je suis bien heureuse, mais si tu savais comme, alors même que l’on est contrarié, on peut être tout aussi heureuse;il faut toujours regarder au bon Dieu.Au commencement il faut faire des efforts lorsqu’on sent tout bouillonner en soi, mais tout doucement à force de patience et avec le bon Dieu, on en vient à bout.

Il faut que tu te bâtisses comme moi une petite cellule au dedans de ton âme ; tu penseras que le bon Dieu est là et tu y entreras de temps en temps ; lorsque tu sens tes nerfs, que tu es malheureuse, vite sauve-toi là et confie tout cela au Maître. Ah si tu le connaissais un peu , la prière ne t’ennuierait plus!

Il me semble que c’est un repos, un délassement : on vient tout simplement à Celui que l’on aime, on se tient près de Lui comme un petit enfant dans les bras de sa mère et on laisse aller son cœur.

Tu aimais tant t’asseoir près de moi et me faire des confidences, c’est comme cela qu’il faut aller à Lui, si tu savais comme il comprend bien….Tu ne souffrirais plus si tu comprenais cela. C’est le secret de la vie du Carmel : la vie d’une carmélite c’est une communion à Dieu du matin au soir, et du soir au matin. S’Il ne remplissait pas nos cellules et nos cloîtres, ah ! Comme ce serait vide, mais à travers tout nous le voyons, car nous le portons en nous et notre vie est un ciel anticipé.

Je demande au bon Dieu de t’apprendre tous ces secrets et je te garde en ma petite cellule ; de ton côté garde-moi dans la tienne, ainsi nous ne nous quitterons jamais
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Ah ! Je voudrais pouvoir dire à toutes les âmes quelles sources de force, de paix et aussi de bonheur elles trouveraient si elles consentaient à vivre en cette intimité.
Seulement elles ne savent pas attendre : si Dieu ne se donne pas d’une façon sensible, elles quittent sa Sainte Présence, et quand il vient à elles armé de tous ses dons, il ne trouve personne, l’âme est au dehors dans les choses extérieures, elle n’habite pas au fond d’elle-même !
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Tout est dans l’intention : comme nous pouvons sanctifier les moindres choses, transformer les actes les plus ordinaires de la vie en actes divins !
Une âme qui vit unie à Dieu ne fait que du surnaturel, et les actions les plus vulgaires au lieu de la séparer de Lui, ne font au contraire que l’en rapprocher toujours plus.
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Oui Chère Madame je crois que le secret de la Paix et du Bonheur c’est de s’oublier, de se désoccuper de soi-même.
Cela ne consiste pas à ne plus sentir ses misères physiques ou morales ; les saints eux-mêmes sont passés par ces états si crucifiants. Seulement eux ne vivaient pas là, à tout instant ils quittaient ces choses ; lorsqu’ils se sentaient touchés par elles, ils ne s’en étonnaient pas, car ils savaient de quelle argile ils étaient faits, ainsi que le chante le psalmiste.Mais il ajoute aussi : « Avec le secours de Dieu je serai sans tache et je me garderai du fonds d’iniquité qui est en moi ».

Chère Madame, puisque vous me permettez de vous parler comme à une sœur aimée, il me semble que le bon Dieu vous demande un abandon et une confiance sans limites à ces heures douloureuses où vous sentez ces vides affreux.
PENSEZ ALORS QU’IL CREUSE EN VOTRE ÂME DES CAPACITÉS PLUS GRANDES POUR LE RECEVOIR, c’est à dire en quelque sorte infinies comme Lui-même.
Regardez chaque souffrance, chaque épreuve comme une preuve d’Amour qui vous vient directement de la part du bon Dieu pour vous unir à Lui.

Vous oublier pour ce qui regarde votre santé, cela ne veut pas dire négliger de vous soigner, car c’est votre devoir et la meilleure pénitence, mais faîtes-le avec grand abandon, remerciant Dieu quoiqu’il arrive.

Lorsque le poids du corps se fait sentir et fatigue votre âme, ne vous découragez pas mais allez par la foi et l’Amour à Celui qui dit : « venez à moi et je vous soulagerai  »
Pour ce qui regarde le moral, ne vous laissez jamais abattre par la pensée de vos misères. Le grand Saint Paul dit : « Où le péché abonde, la grâce surabonde ».

Il me semble que l’âme la plus faible, même la plus coupable, est celle qui a le plus lieu d’espérer, et cet acte qu’elle fait pour s’oublier et se jeter dans les bras de Dieu Le glorifie et Lui donne plus de joie que tous les retours sur elle-même et tous les examens qui la font vivre avec ses infirmités, tandis qu’elle possède au centre d’elle-même un Sauveur qui veut à toute minute la purifier.

A toute minute Il veut que vous sortiez de vous, que vous quittiez toute préoccupation, pour vous retirer en cette solitude qu’il se choisit au fond de votre cœur.
Lui il est toujours là, encore que vous ne le sentiez pas ; il vous attend et veut établir avec vous un admirable commerce, une intimité d’époux et d’épouse.
Vos infirmités, vos fautes, tout ce qui vous trouble, c’est Lui par ce contact continuel qui veut vous en délivrer…

Rien ne doit vous paraître un obstacle pour aller à Lui.

Ne tenez pas trop compte si vous êtes enflammée ou découragée : c’est la loi de l’exil de passer ainsi d’un état à l’autre.
Croyez alors que Lui, il ne change jamais, qu’en sa bonté il est toujours penché sur vous pour vous emporter et vous établir en Lui.

Si malgré tout, le vide, la tristesse vous accablent, unissez cette agonie à celle du Maître au jardin des oliviers alors qu’il disait à son Père : « S’il est possible faîtes que ce calice s’éloigne de moi »

Chère Madame cela vous paraît peut être difficile de vous oublier. Ne vous en préoccupez pas ; si vous saviez comme cela est simple….JE vais vous donner mon secret : pensez à ce Dieu qui habite en vous et dont vous êtes le temple.
Petit à petit l’âme s’habitue à vivre en sa douce compagnie, elle comprend qu’elle porte en elle un petit ciel où le Dieu d’Amour a fixé son séjour.
Alors c’est comme une atmosphère divine en laquelle elle respire, je dirais même qu’il n’y a plus que son corps sur la terre, mais que son âme habite au-delà des nuages et des voiles, en Celui qui est l’immuable.

NE VOUS DÎTES PAS QUE CELA N’EST PAS POUR VOUS, QUE VOUS ÊTES TROP MISÉRABLE, CAR C’EST AU CONTRAIRE UNE RAISON DE PLUS POUR ALLER A CELUI QUI SAUVE.
CE N’EST PAS EN REGARDANT CETTE MISÈRE QUE NOUS SERONS PURIFIES, MAIS EN REGARDANT CELUI QUI EST TOUTE PURETÉ ET SAINTETÉ.