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Il faut rayer le mot découragement de ton dictionnaire d’Amour!

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Dans cette lettre à sa sœur bien-aimée quelques semaines avant sa mort, Élisabeth qui traverse d’importantes souffrances et est alité à l ‘infirmerie depuis quelques mois, fait preuve d’une grandeur d’âme considérable, non seulement elle ne s’appesantit en aucune manière sur ses douleurs les voyant au contraire comme une grâce que Dieu lui envoie pour pouvoir être en conformité avec le Christ qu’elle aime, mais en plus elle console sa sœur de sa mort imminente en lui en montrant les aspects positifs. Le ton est très émouvant et on sent une profondeur de Réalisation et de don exceptionnelle.Elle termine d’ailleurs en disant qu’elle préfère offrir à sa sœur pour sa fête à venir quelque chose d’éternel et de divin plutôt qu’un cadeau éphémère.

 

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Petite sœur chérie, il faut rayer le mot découragement de ton dictionnaire d’Amour, plus tu sens ta faiblesse, ta difficulté à te recueillir, plus le Maître semble caché, plus tu dois te réjouir.Car alors tu Lui donnes et n’est ce pas meilleur de donner que de recevoir quand on aime ?
Qu’importe ce que nous sentons, Lui il est l’immuable, Celui qui ne change jamais : il t’aime aujourd’hui comme il t’aimait hier, comme il t’aimera demain. Même si tu Lui as fait de la peine, rappelle-toi qu’un abîme appelle un autre abîme et que l’abîme de ta misère attire l’abîme de sa miséricorde….
Ainsi s’il te prenait ta sœur ce serait pour être encore plus tien.

Petite Guite, aide-moi à préparer mon éternité .
Il me semble que ma vie ne sera plus bien longue( elle mourra 4 mois après) .
Tu m’aimes assez pour te réjouir que j’aille me reposer là où je vis déjà depuis longtemps.
J’aime te parler de ces choses, petite sœur écho de mon âme .

Je suis égoïste, car je vais peut-être te faire de la peine, mais j’aime t’emporter plus haut que ce qui meurt, au sein de l’Amour infini.

C’est la patrie des deux petites sœurs, c’est là qu’elles se retrouveront toujours. Oh ! Guite ce soir en t’écrivant, mon âme déborde car je sens le trop grand Amour de mon Maître et je voudrais faire passer mon âme en la tienne pour que tu y croies toujours, surtout aux heures plus douloureuses.

Mes petites jambes font du progrès, et j’en profite pour aller faire des visites à la petite tribune c’est divin(étant à l’infirmerie depuis des mois elle ne peut plus participer aux offices avec tous , elle s’échappe parfois de son lit de souffrance pour aller profiter des offices sur une tribune qui surplombe la chapelle).

J’aime tant la solitude avec Lui seul, et je mène une petite vie d’ermite vraiment délicieuse.

Tu sais elle est loin d’être exempte d’impuissance ; moi aussi j’ai besoin de chercher mon Maître qui se cache bien ; mais alors je réveille ma foi, et je suis plus contente de ne pas jouir de sa Présence, pour le faire jouir Lui de mon Amour.La nuit quand tu t’éveilles, unis-toi à moi.

Je voudrais pouvoir t’inviter à venir près de moi ; c’est si mystérieux, si silencieux, cette petite cellule avec ses murs blancs sur lesquels ressort une croix de bois noir sans Christ : c’est la mienne, celle où je dois m’immoler à tout instant pour être conforme à mon époux crucifié. Saint Paul disait : «  Ce que je veux , c’est le connaître, Lui le Christ et la communion à ses souffrances, et la conformité à sa mort. »

Ceci s’entend de cette mort mystique par laquelle l’âme s’anéantit et s’oublie si bien elle-même qu’elle s’en va mourir en Dieu pour se transformer en Lui.. Petite sœur cela demande de la souffrance, car il faut détruire tout ce qui est nous, pour mettre en place Dieu Lui-même.

Depuis longtemps je pense à ta fête (la sainte Marguerite qui a lieu 4 jours plus tard), j’ai la prétention de te fêter mieux que personne, CAR MOI JE NE T’OFFRE RIEN DE CE QUI PASSE, MAIS DU DIVIN DE L’ÉTERNEL : ainsi je prépare ta fête par une grande neuvaine.